BAR-SUR-AUBE ET SA RÉGION : C’EST PAS LA JOIE

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Vue du centre
Bar sur Aube

On vient d’apprendre que la maison centrale de Clairvaux va fermer pour vétusté (alors que celle-ci est dénoncée sans effet depuis de nombreuses années par le personnel). L’avocat Thierry Lévy résumait déjà la situation en 2009 : «c’est une prison maudite». Son remplacement par le futur centre de Lavau fera-t-il les affaires des 216 surveillants et membres du personnel pénitentiaire résidant avec conjoint et enfants dans la région ? (lire ici)

L’avenir est sombre, puisqu’il est loin d’être assuré à ce jour pour Cauval et ses 460 emplois. La société comptait 790 emplois en 2007 sur ses deux filiales : l’entreprise Valco (686 emplois) pour l’activité sièges canapés et la société Cipal (104 salariés) pour l’activité literie. (voir ici)

L’arrêt définitif annoncé de la Cristallerie Royale de Champagne de Bayel met en balance 30 emplois ( c’était 600 dans les années 1960) qui auront bien du mal à être reclassés, compte tenu de la spécificité de leurs activités.

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Combien d’emplois vont disparaître ?

La suppression d’un emploi industriel entraînant en moyenne celle de deux à trois emplois induits, c’est nécessairement une nouvelle menace pour les autres des 562 entreprises (tous secteurs et tailles confondus) recensées.

Qu’en sera-t-il de l’ Entreprise Pons et Cie (robinetterie) (108 emplois) quand on voit que son résultat net affiche une variation de -82,27%  entre 2014 et 2015 ? L’entreprise a longtemps fonctionné en chômage partiel (travail trois jours par semaine). Elle vient d’être contrainte par l’Inspection du travail à reprendre une activité à plein temps, en mettant un certain nombre de salariés en formation. On peut craindre le pire quand les statistiques du chômage n’auront plus lieu d’être après l’élection présidentielle.

Manoir Aerospace (devenu Lisi Aerospace après sa reprise par la multinationale éponyme – 43 sites industriels répartis dans 14 pays), qui transforme des métaux (forge, usinage) pour l’aéronautique a connu pour sa part un résultat net en évolution de -99.37% entre 2013 et 2014. On dénombrait 250 emplois en 2014. Elle a déjà connu de nombreuses crises (grèves de 2011, mars 2014, changement de PDG et de siège social en juillet 2015). Des bruits (restant à confirmer) courent sur un éventuel transfert de l’entreprise baralbine vers la nouvelle zone industrielle de Chaumont, en même temps que les forges de Bologne (délocalisées depuis Parthenay, Deux-Sèvres) qui font partie du même groupe…

Quant à Régnier SA (sièges contreplaqués moulés) à Ville-sous-La-Ferté, qui souffre de sérieuses difficultés d’approvisionnement et Cibétanche (constructions métalliques), on ne peut préjuger pour elles, dans ce contexte, d’un avenir radieux.

Que va-t-il rester ?

Ne parlons pas des commerces et services en tous genres qui vont continuer à disparaître par ricochet.

Peut-être, seule l’entreprise Sippa (profilage à froid), bien qu’elle risque de perdre l’un de ses principaux clients si Cauval ne trouve pas de repreneur effectif, qui produit, entre autres, des piquets pour la viticulture, aura-t-elle quelques chances de survivre, la clientèle pour ce produit ne cessant de se développer.

En effet, la culture de la vigne dans le Baralbin est pratiquée sur 22 communes et plus de 1500 ha, soit 86% des surfaces plantées du vignoble. Elle emploie plus de 300 salariés permanents et génère plusieurs milliers d’emplois saisonniers, pour qui la révolte de leurs aïeux en 1911 est devenue aujourd’hui, de toute évidence, un souvenir bien lointain.

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Quand ne subsistera plus que la monoculture de la vigne et ses conséquences encore trop calamiteuses pour l’environnement et la santé des riverains, malgré les efforts louables faits par certains viticulteurs pour une agriculture plus respectueuse de la terre et des hommes, le Baralbin aura totalement perdu sa riche diversité culturelle et sociale et rien ne dit que les touristes auront réellement envie de faire le détour…

Que vont devenir les jeunes des 27 communes du Pays Baralbin lorsque la viticulture aura fait le plein de ses effectifs, quand les emplois précaires saisonniers ne leur seront même plus accessibles, les viticulteurs faisant de plus en plus appel à des prestataires de services qui prennent en charge la vendange avec des cueilleurs souvent recrutés à l’étranger ?

Les édiles locales attendent-ils que la situation soit devenue irréversible ? A moins qu’ils ne souhaitent régner sur un royaume sans sujet, vidé de sa substance ou encore nettoyé de ses ouvriers et, par là, de tout risque de contestation, de protestation ou d’insubordination, les élus seraient bien inspirés de s’efforcer de mettre la priorité dans leur zone d’influence, avant le renouvellement de leur mandat, sur la préservation des emplois…

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