Pourquoi les Suisses aiment-ils de moins en moins les Français ?

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19 juin 2011. 28e Festival fédéral de yodel à Interlaken, Suisse.PHOTO Pascal Lauener / REUTERS

Je me demande bien pourquoi, si l’on en croit les nouvelles alarmantes qui nous accablent régulièrement depuis un certain temps, nos voisins suisses ne nous aiment plus . Si cela continue, les relations vont devenir de plus en plus difficiles et les accords bilatéraux entre nos deux pays risquent d’en pâtir. Mais pourquoi tant de haine ?


Passons sur la bataille de Marignan qui vit les troupes franco-vénitiennes laisser sur le champ de bataille au soir de ce 14 septembre 1515 quelque 10000 corps sans vie de mercenaires suisses enrôlés par les Milanais et, pour les francophones, sur les nuances d’utilisation de notre langue commune , sur l’obligation pour la Suisse dabandonner le secret bancaire sous la pression de juges français, de sa générosité dans l’accueil des réfugiés (elle en a accueilli presque autant que la France) et de sa position de leader historique en matière de ferroutage

Est-ce une perception différente de la laïcité…

index2Les festivités avaient débuté dans la matinée par une traditionnelle bénédiction oecuménique du tunnel, en présence d’un abbé, d’un pasteur, d’un rabbin et d’un imam. REUTERS/Arnd Wiegmann (01/06/16)

A l’occasion de l’inauguration le 1er juin du plus long tunnel ferroviaire du monde, on nous apprend que « les dirigeants européens entendent saluer, outre la prouesse technique, une Europe de l’investissement « vert », s’inscrivant parfaitement dans l’esprit de l’accord mondial sur le climat conclu en décembre à Paris à l’issue de la COP21. »

On ne peut que se réjouir de ces festivités d’inauguration, baptisées « Gottardo 2016 » , avec plus d’un millier d’invités à ce spectacle géant joué des deux côtés de la montagne avec force cors des Alpes, fanfare de l’armée suisse et chorales du cru, destinées à « susciter un écho international, le tunnel étant le symbole de valeurs suisses telles que l’innovation, la précision et la fiabilité », comme le souligne le Conseil Fédéral.
En réalité, outre qu’on est heureux d’apprendre que « la cérémonie a été placée sous haute sécurité avec des barrages de police, la mobilisation de près de 2000 militaires et une surveillance étroite de l’espace aérien », cette information, somme toute très discrète, nous interpelle: « Les festivités ont débuté dans la matinée par une bénédiction œcuménique en présence d’un abbé, d’un pasteur, d’un rabbin et d’un imam. »

…ou un problème de compatibilité au regard de nos Constitutions respectives ?

Notons au passage que 34 % de Français se déclarent sans religion et 29 % athées et que la France demeure régie par la Loi de 1905 de séparation des églises et de l’État. La Suisse n’a certes pas de religion d’État et le nombre de Suisses se déclarant sans religion (de l’ordre de 20 %) est sans cesse croissant. Mais on peut comprendre qu’il puisse y avoir un conflit entre les 2 pays, sachant que la Constitution suisse du 18 avril 1999 (Etat du 1er janvier 2016) commence par ce préambule significatif :

« Au nom de Dieu Tout-Puissant ! Le peuple et les cantons suisses, conscients de leur responsabilité envers la Création, …/… »

et que son article 72 :

« Église et État
1 La réglementation des rapports entre l’Église et l’État est du ressort des cantons.
2 Dans les limites de leurs compétences respectives, la Confédération et les cantons peuvent prendre des mesures propres à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses.
3 La construction de minarets est interdite. »

n’est par définition pas discutable.

Ce qui la différencie de la Constitution française dont l’Article 1er stipule :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion …/… »

En ce qui concerne les raisons de ce désamour, probablement s’agit-il de tout à la fois, aussi est-il bien difficile de se prononcer catégoriquement.

Mais on se demande franchement ce que le Président de la République Française pouvait bien avoir en tête lors de la bénédiction œcuménique…

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