Les bons comptes font les bons amis….

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Valls et Hollande, appuyés par l’opposition, menacent tout-à-fait sérieusement de remettre en cause le très constitutionnel droit de manifester, en raison des violences (bien réelles et très généreusement relayées par les media) commises en marge des défilés de ce printemps. Avant de voir disparaître définitivement en France ce droit fondamental, nous aimerions tenter de comprendre quelque chose aux décomptes des nombres de participants.

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Paris le 14 juin © DOMINIQUE FAGET. AFP

Traditionnellement, ceux-ci  variaient en proportion de 1 à 5 ou 6 selon que l’on se plaçait du côté de la police ou de celui des organisateurs.

Aujourd’hui, conduisant parfois à des situations burlesques, le rapport semble être passé de 1 à 13 (de 80 000 à 1 million à Paris) pour les 2 dernières mobilisations contre la loi El Khomri et en particulier ce mardi 14 juin. Malgré le mot d’ordre des syndicats organisateurs pour ce premier rassemblement dans la capitale et le renfort de 600 bus provinciaux, des manifestations ont également eu lieu dans 53 villes de France (y compris à Saint-Denis de La Réunion).

Les méthodes les plus courantes de comptage étant très différentes, les estimations qu’elles fournissent le sont donc tout autant. En chronométrant le temps de trajet de la manifestation, les syndicats déduisent la longueur du cortège d’après sa vitesse moyenne (généralement 2km/h); après avoir ensuite compté le nombre de manifestants au mètre, ils obtiennent ainsi une moyenne estimée.

La police, quant à elle, poste en plusieurs points du cortège des agents qui appliquent un barème permettant de déterminer le nombre de personnes en ligne sur la largeur de la voie ; il leur suffit de compter le nombre de rangs passant devant eux. Cette méthode serait admise comme étant la « plus fiable », quoique reconnue comme demeurant « un peu floue ». En principe, un  ajustement est opéré à partir des enregistrements vidéo et de vues aériennes pour les grandes manifestations. Mais, tout parti pris mis à part,  on sait bien que tout va dépendre de l’endroit et de l’heure à laquelle est effectuée la prise de vue prise en compte. C’est d’ailleurs ce qui est susceptible de provoquer des tensions entre la police et certains journalistes.

Plusieurs autres méthodes ont été envisagées : techniques d’échantillonnage, utilisation des moyens de transport (métro, bus, trains, etc.), géolocalisation des téléphones portables ouverts (pas nécessairement fiable dans le cas où certains manifestants auraient pu emprunter ceux de toute la famille et interdite hors du contrôle de l’autorité judiciaire depuis le 22 octobre dernier dans un arrêt rendu par la Cour de cassation), comptage laser par hélicoptère, encore peu utilisé car très coûteux…

Dans tous les cas, il est très difficile d’affirmer qu’aucun « tripatouillage » des chiffres n’est jamais pratiqué d’un côté, tout autant, par ailleurs, qu’un « gonflage » de l’autre.

Après l’instauration et la prolongation de l’état d’urgence, le renforcement des pouvoirs accordés aux policiers à la demande de la droite et de l’extrême droite, ce n’est probablement pas en raison de l’impossibilité d’obtenir des décomptes fiables et de parvenir à mettre d’accord police et syndicats qu’un gouvernement soi disant socialiste n’a pas trouvé d’autre solution, finalement, que d’interdire les manifestations…

Et là n’est-il pas le vrai problème ?

 

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