On a perdu ?

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Ça y est, enfin, l’Euro de foot est terminé.

Si l’équipe de France avait gagné, on serait submergés de « On a gagné ! ».  Pour autant, peut-on dire  « On a perdu ! » ?

Si l’équipe de France avait gagné, aurait-ce empêché Emmanuel Barroso (Président, portugais, de la Commission européenne entre le 22 novembre 2004 et le 3 novembre 2014) d’accepter la présidence non exécutive du conseil d’administration de Goldman Sachs International (GSI) et de devenir également conseiller auprès de la banque d’investissement de Wall Street ?

La signature officielle du « premier CETA », le 26 septembre 2014 à Ottawa. (© EC Audiovisual Service/Dave Chan)

Tandis que le Brexit devrait logiquement marquer une pause pour poursuivre les négociations sur le CETA et le TAFTA, les britanniques étant les principaux demandeurs avec l’Allemagne dans  ce domaine, le successeur d’E. Barroso, J.C. Juncker n’en finit pas, au contraire,  de presser les chefs d’État de l’UE et d’obtenir leur aval pour poursuivre ces négociations sans attendre. Sitôt dit, sitôt fait et le 5 juin dernier à Strasbourg, Jean-Claude Juncker déclarait : « L’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada est notre meilleur accord commercial… ». Quant à la commissaire au commerce Cecilia Malmström elle déclarait pour sa part : « L’accord conclu avec le Canada marque une étape importante dans la politique commerciale européenne […] Cependant, la situation politique dans le Conseil est claire et nous comprenons le besoin de le proposer comme un accord ‘mixte’, afin d’aboutir à une signature rapide » (voir aussi ici à ce sujet).
En français et en clair, elle signifie que l’accord est finalement jugé « mixte » (pour comprendre ce qu’est un accord mixte  voir ici à la fin de l’article), mais cela ne signifie en aucun cas que l’accord CETA ne sera pas appliqué à titre « provisoire », le provisoire pouvant durer deux à trois années et faire de nombreux ravages, compliquant encore davantage toute alternative politique.

En deux mots comme en un, la lutte contre les traités de libre-échange est loin d’être terminée et a très peu de chances d’aboutir si elle ne se conjugue pas à un rejet des traités européens négociés par des pantoufleurs tels que M. Barroso qui ne défendent, ni ne représentent manifestement pas les citoyens européens.

Ont-ils seulement une vague idée de ce qu’on nomme l’intérêt général ?

Selon Médiapart l’eurodéputée Sharon Bowles, qui présidait jusque-là la commission des affaires économiques et financières, un poste clé pendant la crise financière, a rejoint… la City, la Néerlandaise Neelie Kroes (ex-commissaire à la concurrence, puis au marché numérique, durant les mandats de Barroso) est devenue conseillère spéciale pour l’Europe de la Bank of America Merrill Lynch. Pas plus tard qu’en mai 2016, c’est Uber, le très controversé service de réservation de voiture avec chauffeur, qui l’a débauchée. De son côté, le Belge Karel de Gucht, ex-commissaire au commerce qui a lancé le chantier du TAFTA en 2013, est aujourd’hui payé par le groupe de télécoms Belgacom. Quant à l’eurodéputée luxembourgeoise Viviane Reding, ex-commissaire elle aussi, elle occupe un siège au conseil d’administration du groupe de technologie numérique Agfa-Gevaert. En tout, ils étaient neuf ex-membres de l’équipe Barroso à avoir rejoint le privé moins d’un an après leur départ de l’exécutif européen.

Le lien avec l’Euro de foot dans tout ça ?

Celui que chacun voudra y voir. Pour ma part, une projection mystique, un mirage, un leurre qui nous incite à regarder ailleurs pendant un instant et même si le temps de la distraction est bref, peu importe, la finance va vite, très vite, elle possède et accapare vite et très vite.

« Le temps c’est de l’argent ! » dit-on ?

Et l’Humain c’est quand ?

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