Valls fera-t-il évacuer Notre-Dame-des-Landes ?

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Dans cette posture, que nous lui connaissons bien, le Premier ministre Manuel Valls cherche, en tant qu’autorité, à nous convaincre de sa méthode de gouvernance. « Qui gouverne ? Le peuple, c’est lui qui s’est exprimé ! » lance-t-il sur France Inter ce mercredi 26 octobre devant Patrick Cohen en faisant référence à la consultation locale du 26 juin 2016.

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« (…) Céder à [la résistance des opposants], c’est tout simplement remettre en cause l’autorité de l’Etat ; c’est céder à la démocratie ; c’est bafouer la parole du Peuple (…) » ajoute-t-il.

Le vieux projet de faire un aéroport sur la commune de Notre-Dame-des-Landes (Loire Atlantique) date de 50 ans, période durant laquelle l’on ne parlait d’environnement qu’à travers le prisme du bétonnage du territoire. Aujourd’hui, au nom du progrès, la surface d’un département disparaît sous le bitume et le béton tous les 7 ans.

Depuis ces années favorables où les ressources naturelles étaient gaspillées sans compter et où l’environnement du vivant était malmené par les pollutions, une partie croissante des populations a pris conscience que, aussi généreuse soit-t-elle, la planète qui nous est prêtée ne pourra pas supporter indéfiniment les excès néfastes que lui impose une partie des hommes. Cette année, le 20 août est la date à laquelle l’empreinte écologique de l’humanité a dépassé la biocapacité de la planète à se régénérer (à savoir, sa capacité à reconstituer ses ressources et à absorber les déchets, y compris le CO2). La COP 21 a rendu des conclusions qui n’ont de valeur qu’à travers ce que l’on en fait.

Manuel Valls et ceux qu’il sert semblent être à des années-lumière d’une prise de conscience de l’ampleur de leurs méfaits dévastateurs. Sous la plume de Didier Hassoux, le Canard Enchaîné du 17 février 2016 dévoilait que François Hollande avait fixé le périmètre de la consultation sur NDDL en s’appuyant sur un sondage secret. Pourquoi le périmètre n’a-t-il pas été celui de la France ou même celui des deux régions concernées par la facture ? Pourquoi ce périmètre n’a-t-il pas été celui des communes situées dans le rayon de 5 km des 2 sites concernés (donc directement impactées par les nuisances) ?

Le scrutin a mobilisé 51% des électeurs du département pour un résultat favorable au projet de construction de 55%. S’il avait été sur le rayon des 5 km, le résultat n’aurait été que de 47,5 % avec une mobilisation de trois électeurs sur 4 dans les communes du bocage.

« Que résonne les chants de nos bâtons ! » était l’appel au ralliement du 8 octobre dernier. Les organisateurs et les participants aubois se portent témoins d’une participation très importante pouvant correspondre à 40 000 personnes. Ces mobilisés d’un jour sont prêts à revenir soutenir les résistants dans l’hypothèse de l’envoi des forces de l’ordre pour évacuer la ZAD. C’est parce qu’ils sont des citoyens responsables qu’ils s’opposent à ce projet. Ils ont conscience que les gouvernants les ont toujours trompés sur ce dossier (comme pour d’autres) pour des raisons de profit.

Ces gens ne lâcheront rien parce que, contrairement aux prédateurs, ils sont mobilisés pour la vie .

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2 réflexions sur « Valls fera-t-il évacuer Notre-Dame-des-Landes ? »

  1. Juste ce qu’il faut pour remettre les pendules à l’heure.

    Merci Reynald pour ce texte et aussi pour le travail de terrain.

    Ne lâchons rien cré vingt diou !

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