Projet Incinérateur à La CHAPELLE SAINT LUC

Cliquer sur un des boutons ci-dessous pour partager cet article

Prévu d’être installé sur le site MICHELIN à l’intérieur de l’agglomération de La Chapelle Saint Luc, ce projet suscite de nombreuses interrogations par absence communication avec la population.

L’association AUBE DURABLE a présenté le 25 janvier au Petit Louvre à TROYES, une richesse d’informations qui révèlent, selon ses propos, un projet « d’un autre temps », antidémocratique, antiéconomique, néfaste à la santé des riverains, et contraires aux exigences environnementales actuelles. Par contre, elle propose des pistes de solutions plus en cohérence avec l’actualité, et les besoins des populations locales, en rappelant des pratiques en cours de développement ou déjà largement appliquées par ailleurs en France.

Lundi 30 janvier à 18h30 (c’est aujourd’hui !), le SDEDA organise un premier débat public avec les élus et professionnels à la salle Victor Hugo. Il est essentiel de venir nombreux les écouter, et les interroger pour faire son opinion pour agir en connaissance de cause !

Le processus démocratique

Sur ce plan, l’association révèle des faits qui permettent de douter des bonne pratiques :

  • Ce projet est contraire à « l’Agenda 21 » du Grand TROYES.
  • Il est étudié de façon confidentielle depuis 4 ans entre l’industriel VEOLIA et les élus, sans qu’il y ait eu publication de leurs consultations.
  • Un contrat d’exploitation avec VEOLIA est déjà signé, alors que l’enquête d’intérêt publique n’est programmée qu’au printemps 2017.
  • Aucun élu ne s’exprime officiellement, et ne répond aux invitations de l’association pour débattre du sujet.
  • le 21 octobre dernier, le projet a été présenté dans la presse comme « Unité de Valorisation énergétique des déchets », pour présenter l’incinérateur sous des aspects valorisants, mais qui ne correspond dans les faits, à aucune réalité énergétique ni à aucune nomenclature réglementaire.
  • Le Conseil régional engage la collectivité dans un investissement sur 40 ans, alors que le contrat d’exploitation par VEOLIA ne raisonne l’exploitation que sur les 25 premières années : Ils prendront donc « le meilleur », laissant à la collectivité la charge financière non amortissable jusqu’à sa fin de vie.
  • L’actualité révèle que cette stratégie de traitement des déchets ménagers est dépassée, car par exemple, la municipalité d’IVRY SUR SEINE vient de refuser de reconstruire son ancienne unité arrivée en fin de vie. Le département de l’Ariège a demandé une consultation publique et respecté son avis défavorable, dès 2008. Dans de nombreuses villes équipées d’incinérateurs, ceux-ci ne parviennent plus à fonctionner à temps plein, suite au tri des déchets qui se développe pour réduire à la fois la pollution atmosphérique et le gaspillage énergétique.
  • Le Commissariat au Plan incite au tri des déchets, et déclare que les incinérateurs sont dépassés.

Le coût

Il s’agit d’un investissement de 75 millions d’euros, pour traiter 60000T (tonnes) d’ordures ménagères par an, soit 160T par jour, pendant quarante ans. Cette évaluation minimaliste dépasse déjà de 25 % les premières estimations qui ont été faites. L’industriel VEOLIA projette d’équilibrer ses comptes en revendant l’énergie issue de la combustion des déchets à l’industriel du pneu.

  • L’incinération coûterait 108 € / tonne, soit 6.5 millions d’euros par an payés par la collectivité ; et dépasserait la moyenne constatée par la Délégation de Service Public
  • Il devrait permettre de réaliser un chiffre d’affaire cumulé de 240 millions d’euros selon les sources VEOLIA.
  • Le montage financier est celui d’une Délégation de Service Public, programmé sur 25 ans.
  • Il s’appuie entre autres, sur une « garantie de vide » plafonnée à environ 10%, soit un fonctionnement minimum de 90% de sa capacité. Ceci suppose qu’en deçà de ce niveau d’activité, l’industriel pourra se tourner vers le contribuable pour lui faire supporter ses pertes de rentabilité industrielle.
  • Le rendement énergétique électrique (kwh) est très mauvais : 17 % de production d’électricité (contre 33 % en centrale nucléaire). Il est meilleur en production de vapeur (70% de rendement), mais cette vapeur à « basse tension », n’est pas compatible avec le réseau de chauffe actuel. Il nécessiterait un investissement de 5 millions € pour le rendre compatible afin de le raccorder au réseau. Dans la réalité, la collectivité est suffisamment pourvue et n’a aucun besoin de cette source nouvelle.
  • Le seul débouché de valorisation énergétique est donc la revente à MICHELIN, alors qu’aucun indicateur ne permet de tabler sur leur pérennité locale.

Les coûts sont incertains sur de nombreux paramètres

  • On peut prévoir des hausses probables des coûts de construction,
  • La TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes), est prévue pour évoluer dans le temps, pour encourager le développement des technologies moins polluantes, au fur et à mesure de leur apparition,
  • Il y a une modulation des taxes en fonction des performances de tri.

Ainsi, le SDEDA confie à une entreprise privée VEOLIA, l’élimination de nos déchets pour 40 ans avec les méfaits industriels induits, au lieu de raisonner une responsabilisation partagée entre la collectivité et les administrés, vers des solutions plus constructives.

Enjeux sanitaires et environnementaux

La combustion des déchets ménagers constitue en plus d’une destruction de ressources, une production de déchets ultimes bien encombrants :

  • Le Mâchefer est le résidu solide après combustion. Il représente le quart du tonnage incinéré, soit 12000T par an. La DDE est de plus en plus réticente à utiliser ce matériau pas du tout inerte.
  • Il y a ensuite les REFIOM :6000T /an. Ce sont les sous-produits particulièrement toxiques des fumées, nécessaires à enfouir (coût 230 à 900 € /T).
  • Les fumées sont constituées à 99% de vapeur d’eau, et ensuite, de milliers de molécules différentes, parmi lesquelles les « dioxines » reconnues comme substances chimiques les plus toxiques, et métaux lourds.
  • Légalement, l’industriel est autorisé à dépasser les seuils autorisés de re-largage dans l’atmosphère des fumées, pendant 60 heures par an, sans définir de limites de quantités durant cette période. Ainsi, il est fréquent que durant ces 60 heures, cette quantité dépasse la totalité annuelle d’émissions de fumées.
  • Cette installation dans l’agglomération de La Chapelle Saint luc présente donc un danger sanitaire pour les populations avoisinantes : Dix écoles sont à moins de 500 mètres, et l’agglomération troyenne est sous vent dominant à moins de 1000 mètres. Hors, des études faites par un collectif de 102 médecins sur l’incinérateur d’ECHILLAIS (17), révèlent une hausse des cancers  dans un rayon de 20 km.

Alternatives à l’incinération pour le traitement des déchets ménagers

Il est nécessaire de démentir les idées reçues :

L’incinération ne signifie pas la fin de l’enfouissement des déchets : les résidus ultimes de l’incinération doivent bien être enfouis. Leur volume est réduit, mais leur toxicité est fortement accrue.

Elle ne respecte pas la réglementation européenne : La priorité de la réglementation UE est : 1/ prévention ; 2/ réduction ; 3/ réutilisation ; 4/ recyclage ; 5/ incinération.

On ne peut pas compter sur un approvisionnement suffisant à long terme de déchets (120000T). On prévoit 90000T inaptes à l’incinération.

120000T est le total des déchets ménagers y compris ceux qui sont triés, donc non destinés à l’incinération. Ou alors, on prévoit l’incinération des gravats ?…  qui brûlent très mal !

Conclusion

Il apparaît à la fin de cette conférence, que le problème de la gestion des déchets est pris à l’envers. Pour réduire le budget municipal de la gestion de nos déchets ménagers, on accorde à l’industriel VEOLIA, le traitement par incinération, comme on le faisait il y a 40 ans. Alors qu’aujourd’hui, la conscience collective oriente d’abord vers l’étude des pistes de réduction de ces déchets.

Lundi 30 janvier, le SDEDA organise un premier débat public avec les élus et professionnels. Il est essentiel de venir nombreux les écouter et les interroger.

Cliquer sur un des boutons ci-dessous pour partager cet article

Une réflexion sur « Projet Incinérateur à La CHAPELLE SAINT LUC »

  1. Afin de préparer votre participation a une future enquête publique réfléchir ensemble sur ce projet irréversible, vous accéder à la demande de moratoire organisée par Aube Ecologie :
    http://moratoire-sdeda.fr
    Une pétition contre l incinerateur est aussi organisée par l association Aube durable.
    A votre disposition pour argumenter nos positions et surtout….
    soyez nombreux a aller à l enquête publique !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *