Unité de Valorisation Energétique, club de vacances, ou Incinérateur ?

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Lundi 30 janvier, comme indiqué dans notre dernier article sur le sujet, s’est effectivement tenu à LA CHAPELLE SAINT LUC le premier débat public à propos du projet d’installation de l’incinérateur. On peut se réjouir d’une forte participation car la salle était comble, et nombreuses personnes se sont appliquées à poser des questions de fond, dans le respect du débat. Et après ?…

Nos experts du SDEDA (Syndicat d’Elimination des Déchets de l’Aube ), et de VEOLIA n’ont pas débordé un instant de leur rôle professionnel parfait, répondant avec application à toutes les questions. Le porteur de micro a rempli sa tâche le plus démocratiquement possible permettant à chacun de s’exprimer. Ainsi, il a évité de monopoliser la parole, entre autre par les responsables de l’association Aube Durable. Cet arbitrage du temps était peut-être nécessaire, mais il a empêché ceux qui avaient la meilleure compétence pour éclairer l’opinion publique, en approfondissant les questions auprès des intervenants. C’est ainsi que dans un brouhaha inévitable, l’information la plus large et précise du public n’a pas pu se construire. Un simulacre de démocratie !

A aucun moment, on nous parle « d’incinérateur », mais uniquement d’U.V.E. avec le plus grand détachement, comme il y en a une centaine d’autres en France. Comprenez : « Unité de Valorisation Energétique ». C’est plus joli, ça heurte moins les âmes sensibles !

On nous a visionné un luxueux court métrage présentant l’usine pour sa beauté architecturale, son quai de réception des camions sous atmosphère contrôlée ne laissant échapper aucune odeur, son double système de filtration des fumées hypermoderne, son centre pédagogique de 300 m², tout ça dans un écrin de verdure à côté de la magnifique agglomération troyenne riche de son histoire, et valorisée par de magnifiques plans de son architecture. Le tout, accompagnées d’un commentaire d’hôtesse empli des qualificatifs les plus rassurants, mais sans aucune donnée sanitaire précise. Bref, une publicité digne des plus beaux clubs de vacances !

Nos différents professionnels ont pris le relais, nous assurant du plus grand respect des normes environnementales, conforme au Plan Environnemental des Déchets, estampillé d’au moins trois certifications ISO

Une représentante de l’Institut de Veille Sanitaire était présente pour cautionner l’ensemble. Elle n’est pas au courant des publications d’un Collectif de 102 médecins (voir ci-dessous leur lettre ouverte) qui dénoncent – en vain – l’explosion des cancers et malformations fœtales à 20 km à la ronde de l’UVE d’ECHILLAIS en Charentes, (lui aussi, certifié comme tout UVE qui se respecte, par tous les organismes sanitaires imaginables). Faisant fi de ces études, cette représentante de l’Institut de Veille Sanitaire nous a assuré des plus grandes sécurités avec ce fumoir à 500 mètres de nos écoles !

Cliquer sur l’image pour lire la lettre des 102 médecins rochefortais

Concernant les éléments précis, on peut retenir

  • Un correctif : il ne s’agit plus d’incinérer 120.000 T par an, mais 60.000 T car le SDEDA anticipe la baisse des tonnages à venir.
  • Le terrain du site MICHELIN est déjà acheté par le SDEDA, donc ; il n’y aura pas de retour en arrière possible.
  • Une enquête d’utilité publique sera bien réalisée avant ou après les vacances d’été 2017. Au mieux, elle peut « amender » le projet, mais on apprend que sa mission n’est pas d’accepter ou rejeter le projet. Il aura bien lieu, parce que c’est le meilleur de la dizaine d’autres présentés.
  • D’autres stratégies (évitant ou réduisant fortement l’incinération), ont bien été étudiées, mais coûtent trop cher ; donc tant pis pour les dioxines qui altèrent la santé des fœtus et des gamins en brulant une matière première qu’il est idiot de détruire. Les décideurs ont les certifications ad hoc (comme pour toutes les précédentes U.V.E.).

Evidemment, il y a eu quelques éclats difficiles à contenir, mais comment peut-il en être autrement ?

On a vite compris qu’on était de part et d’autres, dans un exercice de « Représentation », où tout est joué d’avance. On se discrédite en haussant le ton. Mais on cautionne le système en restant courtois … Alors quelle alternative reste-il pour sortir de la manipulation, de la frustration ? Privilégier le recyclage au gaspillage ? la sécurité sanitaire à la finance ?…

Nous devons organiser un débat contradictoire entre experts Pro et Anti Incinérateurs, répondant aux questions d’un large public sur les différents thèmes étudiés à l’avance. Permettre à l’Intérêt Collectif de triompher, plutôt qu’un camp contre l’autre. Ça suppose un élan citoyen important et diversifié mais cohérent, respectueux mais déterminé pour être écouté par nos diverses institutions.

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Une réflexion sur « Unité de Valorisation Energétique, club de vacances, ou Incinérateur ? »

  1. C’est le 27 septembre 2016, lors d’une première réunion publique à Sainte Savine que j’ai entendu parler pour la première fois d’un projet « d’Unité de Valorisation Energétique » (UVE) ; une façon déguisée pour ne pas parler d’incinérateur.
    Ce jour là, entendant les divergences d’appréciation dans la salle, j’ai veillé à me rendre à toutes les réunions sur ce projet industriel de destruction des déchets pour construire mon opinion.
    Je me suis rendu à la réunion du SDEDA qui s’est tenue le 29 novembre dans l’amphithéâtre du Centre Sportif Départemental et qui était ouverte principalement qu’aux élus. Je me suis aussi rendu dans les rencontres organisées par les opposants (Aube durable, Aube Ecologie, …)
    J’apprécie beaucoup la présentation que Jacques à faite de cette réunion du 30 janvier, annoncée dans la presse locale comme « débat public » que rapidement la Présidente du SDEDA et ses subordonnés ont régulièrement évoqué n’avoir été réalisé qu’à destination des Chapelains. Je regrette cette posture qui n’a fait qu’amplifier mes doutes sur l’opportunité du projet et développer une suspicion sur le véritable objectif des dirigeants du SDEDA.
    Le « citoyen – contribuable » que je suis est toujours sans réponse à ces questions :
    – pourquoi, sur un tel projet qui est remis en cause par la Commission Européenne (https://www.zerowastefrance.org/fr/articles/334-la-commission-europeenne-appelle-les-etats-membres-a-instaurer-un-moratoire-sur-la-construction-de-nouveaux-incinerateurs) le SDEDA n’a pas plus communiquer avant de s’engager avec un prestataire ?
    – quels ont été les 9 autres projets étudiés pour ne pas avoir été retenus par le SDEDA ?
    – pourquoi tant de différence entre les chiffres (évoluant au rythme des réunions) présentés par le SDEDA et ceux rapportés par les opposants éclairés du projet ?
    – pourquoi les promoteurs de l’incinérateur restent figés sur des études (impactes écologiques, particules, …) qui, à en entendre les opposants avisés, sont erronées ?
    – pourquoi un tel projet n’est pas porté directement par la collectivité alors que de nombreuses communes reviennent sur des gestions en régies pour limiter les charges aux contribuables ?
    – pourquoi madame Boeglin, Présidente du SDEDA, reste sur des réponses évasives et rassurantes quand la salle demande des précisions sur les coûts (de 60 millions en septembre, la construction était chiffrée à 75 millions ce 30 janvier), sur les charges qui incomberont aux usagers ?
    – pourquoi la Présidente du SDEDA ne répond pas à l’interpellation d’une personne concernant le montant à payer à la société choisie, dans l’hypothèse d’un retrait du projet ?
    Du fait de ces questions laissées sans réponse, j’invite tous les citoyens aubois à rester vigilant et d’exiger un droit de savoir. Sans éléments probants et indiscutables, il faut que les aubois s’opposent à ce projet lors de la consultation publique qui devrait avoir lieu au printemps – été.
    Nous, citoyens, ne pouvons être écartés d’une initiative publique qui repose sur notre qualité de vie et notre porte-monnaie !

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