En été on cherche l’ombre, mais gare à celle des marronniers !

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C’est l’été et le soleil vaillant oblige souvent à chercher un peu d’ombre. C’est aussi la période où les marronniers pullulent.
Il ne s’agit pas ici de ces jolis arbres à fruit marron et lisse, mais bien plutôt des marronniers journalistiques qui font la couverture des journaux et des magazines en cette période avec l’objectif de toucher un large public sans risque de choquer.
Alors, attention ! Gare à l’ombre des marronniers qui ne manqueront pas de nous tenir à l’écart des sujets et informations fâcheux qui nous concernent.

Pour celles et ceux qui souhaitent garder un peu de lumière, nous vous recommandons le numéro du mois d’août du « Monde Diplomatique ».
Vous y trouverez en particulier un article fort intéressant de Jean-Baptiste Malet intitulé « Le système Pierre Rabhi ».
Jean-Baptiste Malet est Journaliste, auteur de « L’Empire de l’or rouge. Enquête mondiale sur la tomate d’industrie », paru chez Fayard en 2017.

Cet article brosse un portrait de l’agriculteur ardéchois qui ne risque pas de passer pour un « marronnier ».

On y apprend, entre autres, que le charismatique barbichu considère la rationalité et la raison promues par le siècle des  « prétendues Lumières » comme un nouvel obscurantisme ou bien encore qu’il ne prône que le retrait du Monde, pour ne pas dire un repli sur soi, mais sans jamais remettre en question les structures de pouvoir. A cet égard, l’auteur nous rappelle cette déclaration de Pierre Rabhi dans le journal Le Figaro du 4 juin 2018, « Macron, le pauvre, il fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas simple. Il est de bonne volonté, mais la complexité du système fait qu’il n’a pas les mains libres. »
L’article nous apporte encore tout un ensemble d’éléments aussi éclairants les uns que les autres sur les multiples facettes qui sont peu, voire jamais dévoilées, du personnage et des « colibris » dans les grands médias qui lui accordent l’accueil le plus bienveillant qui soit.

En particulier, un élément important pour comprendre les critiques évoquant parfois des aspects sectaires ou ésotériques, réside dans le fait que P. Rabhi se réclame de Rudolf Steiner, fondateur de la Société anthroposophique universelle et de la biodynamie. Dans le numéro du mois de juillet 2018  du « Monde Diplomatique », le même auteur,  Jean-Baptiste Malet, a publié un article intitulé « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme ». On y apprend par exemple que la Société anthroposophique universelle et la clinique anthroposophique d’Arlesheim, détiennent 33,5 % du capital et 76,5 % des droits de vote des laboratoires Weleda, numéro un des cosmétiques biologiques en France et en Allemagne.
Et alors ? Alors rien d’illégal ni de répréhensible à cela jusqu’à ce qu’on découvre quelques lignes plus loin, une face beaucoup plus sombre de Steiner ainsi que les liens étroits entre les anthroposophes et le parti nazi en Allemagne. On peut par exemple lire ceci « La SS a même administré des programmes d’agriculture biodynamique dans les territoires occupés et des camps de concentration. Weleda a fourni de la crème antigel pour des «expériences médicales» sur des prisonniers de Dachau. »
Enfin, cerise (bio ?) sur le gâteau, on apprend que madame Françoise Nyssen, actuelle Ministre de la Culture, est très proche de M. Bodo von Plato, membre du comité directeur de la Société anthroposophique universelle et qu’elle est la fondatrice de l’école Steiner  « Domaine du possible d’Arles ». École hors contrat  inaugurée en 2015 et dans laquelle on célèbre des rituels assez bizarres comme dans toutes les autres écoles Steiner.

Pour lire le début de l’article du mois d’août suivez ce lien et pour le lire dans son intégralité, rendez-vous chez votre marchand de journaux, ou mieux, abonnez-vous au « Diplo ».

Enfin, si vous souhaitez approfondir le sujet, vous pouvez consulter les liens suivants :

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3 réflexions sur « En été on cherche l’ombre, mais gare à celle des marronniers ! »

  1. Plutôt que de voir l’arbre qui cache la forêt je trouverais plus intéressant et plus Anti système de s’intéresser aux causes sociales et à la résignation qui porte à instrumentaliser la figure du gourou (Rhabi/ Hulot ce dernier adoubé même par la gauche de la gauche!)quel courant politique et donc quel média portera un programme de rupture avec notre confort capitaliste? Je n’en vois pas à ce jour. Je persiste donc à dire que nous avons tous (moi compris et sauf peut être B Friot) quelque-chose d’un colibri!

    1. Pardon Anne, mais je ne vois aucune instrumentalisation ni même tentative d’instrumentalisation dans l’article de J.B. Malet. Ce n’est d’ailleurs pas la ligne éditoriale du Diplo en général qui est un des rares journaux à tenter d’aller au fond des choses avec le plus grand sérieux et un maximum de rigueur journalistique.
      Cela étant dit, pour quelle bonne raison serait-il interdit de porter, comme le fait J.B. Malet, à la connaissance des citoyens, le fait que P. Rabhi et ses disciples, tout comme Hulot en effet, cohabitent parfaitement avec le capitalisme ? N’est-ce pas aussi l’un des objets de LÉclairCit que de mettre un coup de projecteur sur un sujet (P. Rabhi et son système) qui est traité avec la bienveillance la plus consensuelle et dégoulinante dans les médias dominants ?
      Alors oui, il faut s’intéresser aux causes sociales et à la résignation et ne pas surfer dessus comme le fond les mouvements ésotériques et les partis d’extrême droite. En cela je suis bien d’accord avec toi, mais je ne me sens pas pour autant un gentil colibri (même si l’oiseau est fort joli) m’en remettant uniquement à un vague espoir. L’espoir nous endort dans l’attente que les choses changent d’elles-même, ce qui est à l’opposé de l’action politique. Même si elle est parfois désespérante et que les effets attendus sont longs à venir, le désespoir me semble plus moteur que l’espoir qui inhibe toute perspective d’action en s’en remettant à un hypothétique avenir meilleur qui viendra d’on ne sait où ni comment.

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