Larmes de pharaons

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par Yannis Youlountas ·

Drame national. Souscription nationale. Union nationale avec les milliardaires. Breaking news après breaking news, Macron reprend de la hauteur, la famille Pineau repeint son image, les médias retrouvent de l’audience, l’hexagone retient son souffle, en état de choc.

LARMES DE PHARAONS

Au moment même où le pouvoir était sur la sellette, alors que les renseignements évoquaient la radicalisation de l’opinion et un risque insurrectionnel recrudescent, alors que le printemps ne faisait que commencer, cet incendie surgit comme un miracle.

La flèche de Notre-Dame est tombée à pic et son incendie va continuer à nous enfumer pour quelques jours encore.

Le temps qu’on se rappelle, à tête reposée, que personne n’est mort, que l’argent ne manque pas pour reconstruire à l’identique le monument, que ce sont des choses qui arrivent et qu’elles sont parfaitement réparables, jusqu’au moindre détail, contrairement aux millions de vies saccagées et détruites par ce même pouvoir et ces mêmes milliardaires qui feignent de gémir en chœur avec nous.

Une fois de plus, nos existences sont détournées de leur préoccupation première : vivre libres et égaux, incrédules et heureux, sans plus jamais mettre un genou à terre.

Une fois de plus, les divertissements les plus abrutissants s’éclipsent quelques heures pour laisser place à une autre forme de diversion, plus insidieuse encore. Celle qui nous fait croire que nous avons une tristesse et un objectif en commun avec ceux qui prétendent nous gouverner et ceux qui accumulent des profits colossaux sur notre dos.

Tous les incendies du monde n’y feront rien. Qu’importe l’ampleur des catastrophes, elles ne sont pas grand chose devant la première de toutes : l’apocalypse capitaliste qui sévit sur toute la surface de la Terre et la domination quotidienne que nous subissons.

Non, l’enfer n’est pas sous Terre, mais bien ici. Et le paradis, ne s’atteindra pas dans une quelconque soumission à des prélats ou à des hommes providentiels, mais dans la lutte incrédule et inlassable contre toutes les formes de dominations et d’exploitation.

Vous qui pleurez, braves gens, vous pleurez en réalité l’une des innombrables constructions pharaoniques du pouvoir politique, économique et religieux : chantiers qui ont coûté la vie à des millions d’ouvriers et d’esclaves depuis des millénaires, alors même que la plèbe épuisée manquait partout de pain et de toits où s’abriter.

Vous qui pleurez, braves gens, vous oubliez, derrière ces ouvrages, les innombrables victimes des religions : femmes, hommes et enfants, pseudo sorcières et libres penseurs, sédentaires et voyageurs, artistes et chercheurs, impies et égalitaires, libertins et libertaires, de dénonciations en rafles et de tortures en bûchers.

Vous rendez hommage au gigantisme clérical qui produisait, et produit encore, autant de chantiers que de charniers.

Vous occultez toutes celles et ceux qui trouvaient la mort, à quelques jets de pierres des églises en construction, seulement parce qu’ils/elles voulaient vivre autrement.

Vous ne voyez pas, derrière la lumière du vitrail, l’ombre d’un des pires obscurantismes de l’Histoire.

Que les pharaons d’aujourd’hui veuillent nous faire pleurer sur l’un des monuments gigantesques commandés par leurs prédécesseurs, c’est tout à fait logique.

Mais que nous tombions dans le panneau, nous qui voulons sortir de cet enfer qui n’en finit pas, c’est bien dommage.

Prenons garde aux larmes des pharaons.

Yannis Youlountas

Entreprises et grandes fortunes sortent le chéquier pour reconstruire Notre-Dame. Cliquez sur l’image pour les détails.
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Paroles de rond-point. Entretiens avec les gilets jaunes de Troyes

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Pour la projection/débat du film « J’veux du soleil » à Troyes le 28 mars dernier, LÉclairCit avait invité Stathis Kouvélakis, enseignant-chercheur en philosophie politique au King’s College de l’Université de Londres et membre d’Unité Populaire.
Au lendemain de la projection, Stathis Kouvélakis et Pascale Arnaud, sont allés à la rencontre de gilets jaunes troyens pour s’entretenir avec eux. Ils en ont tiré un article publié dans la revue Contretemps.

Sur le rond-point « Brico »

Extrait de l’article de Stathis Kouvélakis et Pascale Arnaud

Nous avons réalisé ces entretiens à la fin mars, lors d’un déplacement à Troyes effectué à l’invitation de l’association L’EclairCit pour assister à une projection du film de François Ruffin « J’veux du soleil » et participer au débat qui a suivi. C’est là que nous avons rencontré les gilets jaunes du rond-point de Saint-André-les-Vergers, à la périphérie de l’agglomération, dit « rond-point du Brico », du fait de sa proximité spatiale avec le Bricorama.

Présents en masse dans la salle, en parfaite communion avec le propos du film, leurs interventions foisonnantes et combatives ont dominé le débat. Impressionnés par leur détermination, nous avons voulu poursuivre les échanges. Nous sommes donc allés les voir le lendemain sur « leur » rond-point, puis sur le lieu fermé où se tiendrait la réunion qui déciderait de la composition et du contenu du mandat de leur délégation à l’assemblée des assemblées de Saint-Nazaire.

Nous avons pu ainsi enregistrer ces deux entretiens, qui apportent à notre sens un éclairage intéressant sur cette expérience d’action collective, la seule à avoir pu se maintenir à l’échelle de la ville cinq mois après le début du mouvement.

Le premier donne la parole à Serge, l’un de ses principaux acteurs et, par ailleurs, figure reconnue de la « gauche de gauche » au niveau local.  Le second est une discussion avec trois autres piliers du rond-point, primo-participant.e.s à toute expérience d’action collective, dont deux ont été désignés pour faire partie, à titre d’observateur.trice, de la délégation envoyée à l’assemblée de Saint-Nazaire.

Ces entretiens permettent de mieux comprendre, à partir d’une situation locale, certains des enjeux de cette mobilisation inédite.

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liberté d’informer ?

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La Commission LIBE (pour « Libertés civiles ») vient d’adopter le rapport sur le règlement de censure antiterroriste. Ce rapport sera le texte discuté dans quelques jours par l’ensemble du Parlement européen.

Le Parlement européen valide la censure de masse (Règlement antiterroriste)

Le texte, tel qu’adopté, prévoit qu’une autorité d’un État membre (administrative ou judiciaire) peut obliger n’importe quel acteur de l’Internet à retirer en une heure un contenu qu’elle considère comme terroriste. Cette obligation irréaliste aura pour conséquence la destruction des petites et moyennes plateformes. Elle ne fera que renforcer la domination de Google et Facebook qui travaillent déjà avec les États pour mettre en place une censure de masse sans contrôle – c’est le but même de ce règlement proposé en septembre dernier par la Commission européenne.

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Julian Assange arrêté !

Julian Assange a été arrêté jeudi 11 avril par la police britannique dans l’ambassade d’Équateur, où il se réfugiait depuis près de 7 ans. L’Équateur a mis fin au statut de demandeur d’asile dont bénéficiait le lanceur d’alerte, fondateur du site Wikileaks, prétextant « [des] violations répétées des conventions internationales ».

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Parlons de Julian Assange

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