Archives de catégorie : Économie

Les investisseurs étrangers vont-ils attaquer les plans de lutte contre le Covid-19 des Etats ?

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Mathilde Dupré, Co-directrice de l’Institut Veblen, publie dans « Alternatives Économiques » du 20 avril, un article particulièrement inquiétant, mais aussi révélateur que le Monde d’hier et d’aujourd’hui n’a pas l’intention d’opérer un quelconque changement de cap demain.

Pour s’en convaincre il faut rappeler quelques éléments concrets qui prouvent que si on doit parler de guerre, c’est bien à propos du monde de la finance, des marchés et des transnationales qui se sont solidement armés pour mener une guerre sans pitié contre les états et leurs peuples.

Pour illustrer cela, on peut rappeler les limites d’action de quelques institutions spécialisées de l’ONU au regard du pouvoir énorme dont disposent les transnationales et leur alliée l’OMC Organisation Mondiale du Commerce.

  • OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : aujourd’hui à propos de la grave crise sanitaire que nous traversons, on entend beaucoup les chiens de garde des médias dominants relayer sans broncher les critiques faites à l’encontre de l’OMS. Pourtant n’oublions pas, comme le rappelle Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’université de Genève, au journal « La Croix » du 24avril : « L’OMS n’est ni un gendarme, ni une puissance supranationale, c’est une organisation internationale au service de ses États membres, la Chine, en l’occurrence, mais aussi tous les États qui font appel à elle ». C’est seulement sur invitation du gouvernement concerné qu’une équipe de l’OMS peut être envoyée sur place.
  • OIT (Organisation Internationale du Travail) : Toujours dans le contexte de la crise due au COVID-19, nous observons aujourd’hui que des atteintes graves sont en cours à l’encontre des travailleuses et des travailleurs. Cependant l’OIT n’a que peu de pouvoir comme on peut le lire dans la fiche élaborée par ATTAC-RHÔNE.

Contrairement aux deux organisations précédentes, l’OMC dispose d’un ORD (Organe de Règlement des Différends) qui permet aux États membres de s’attaquer et d’obtenir d’éventuelles condamnations. De la même manière les transnationales disposent de mécanismes d’arbitrage privés qui leur permettent d’attaquer les États dans le cadre des accords commerciaux dits de « Libre-échange » (il est important de signaler que ces mécanismes d’arbitrage sont à sens unique et ne permettent pas aux États d’attaquer une transnationale). C’est le cas notamment du CETA, accord entre l’Union Européenne et le CANADA, que M. Macron se refuse à remettre en cause, ce qui permet de se faire une idée de sa vision du Monde d’après Covid.

Pour lire l’article de Mathilde Dupré ainsi qu’un autre sur le même sujet paru il y a peu sur Médiapart c’est ICI et

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ADP : LE SCANDALE QUI REMET EN CAUSE LA PRIVATISATION

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Tout est dans le titre

Le journaliste Marc Endeweld qui travaille, entre autres, pour la chaîne indépendante LEMEDIATV.fr a mené une enquête qui révèle l’existence d’une caisse noire et d’un parfum de corruption chez ADP.
Alors que les médias dominants et que les chiens de garde restent muets sur ce sujet, nous ne pouvons que relayer cette information et vous inviter à visionner l’émission que «Le Média» a diffusé en direct hier soir jeudi 13 février.

Résumé

Adoptée en avril 2019, la loi pour “la croissance et la transformation des entreprises” a ouvert la voie à la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). La revente de ses parts par l’État détenteur de plus de 50% des actions n’est pourtant pas de l’humeur de tout le monde.

L’opposition parlementaire a lancé en mai 2019 un référendum d’initiative partagée (RIP) devant attendre 4,7 millions de votes nécessaires à l’organisation d’un référendum. Alors que la procédure en ligne est ouverte jusqu’à mi-mars 2020, celle-ci n’a récolté qu’un peu plus d’un million de votes qui ne suffiront pas à stopper le projet de vente de l’aéroport.

L’enquête de Marc Endeweld peut-elle remettre en cause la privatisation ?
Pour tenter de répondre à cette question et revenir sur la privatisation et sur les suites à donner aux révélation de Marc Endeweld pour Le Média, Denis Robert et Marc Endeweld en débattent avec Isabelle This Saint Jean, Éric Coquerel et Daniel Bertone (Secrétaire général CGT d’ADP).

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La fake news de Madame Salamé

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Ce qui est terrible quand on profère un mensonge en direct à la radio, c’est qu’il révèle aussi votre méthode de travail : cliquer sur le premier lien Google et lire la première phrase.

Lundi 10 février dans la matinale de France Inter, Monsieur Demorand et Madame Salamé interviewaient, pour la parution de son livre Le Triomphe de l’injustice, Gabriel Zucman, économiste spécialiste des inégalités et de la fiscalité, professeur à l’université de Berkeley aux États-Unis.

A un moment, Madame Salamé a avancé des chiffres sur les taux de pauvreté aux États-Unis et en France. Chiffres que son interlocuteur a explicitement mis en doute. Face à cet expert en économie, notre grande journaliste, spécialiste également des voyages de riches dans des malles,  n’a pas désarmé en insistant sur les chiffres qu’elle avait fini par retrouver.

La suite, c’est Bernard Marx, chroniqueur économiste à la revue «Regards» qui nous la propose en rétablissant la vérité des faits. Pour lire son décryptage suivre ce lien.

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faim de vie

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LÉclairCit vous propose pour ce début d’année une conférence gesticulée

FAIM DE VIE

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Cette conférence gesticulée a été écrite par Brigitte Grisar et Jacques Esnault. Brigitte Grisar est chargée de projet à la concertation aide alimentaire, au sein de la FdSS (Fédération des Services Sociaux) en Belgique.
Tous deux font partie du « Collectif 1984 » qui est une compagnie de théâtre-action. Nous les avons déjà fait venir à deux reprises pour deux pièces de théâtre

  • Le 25/02/2017 pour leur pièce intitulée « La jolie valse des emplois »
  • Le 1/12/2018 pour la pièce intitulée « Les 4 vérités »

Nous avons également fait venir Jacques Esnault le 8 juin 2018 pour sa conférence gesticulée autour de Mai 68 et de ses chansons.

LE PROPOS

En 2019, en Belgique, des milliers de personnes ne mangent pas à leur faim, en France, 7ème puissance économique mondiale, une personne sur cinq ne mange pas à sa faim et dans le monde, ce sont 800 millions de personnes qui sont sous-alimentées.

Comment est-ce possible ? Quelles injustices permettent cela ? Qui est responsable ? On parle de précarité alimentaire, d’aide humanitaire… et nous sommes au 21ème siècle ! Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui se passe ?

Et si la faim n’était pas un phénomène naturel, ce serait quoi ? Une ineptie ? Un coup monté ? Une volonté des plus forts ?

Et si nous avions surtout faim de vie ?

Si nous avions soif de liens ?

Si nous étions gourmands de collectifs ?

Cette conférence est un menu varié, composé d’ingrédients d’origines diverses : capitalisme décomplexé, pauvreté alimentaire, précarité… le tout agrémenté de savoureux instants présents.

Pour réserver des places, suivre ce lien

A savourer sans modération !

Plan d’accès à la salle « Le Quai » – Cliquer sur l’image pour davantage de précision

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La réforme des retraites enfin dévoilée

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Réaction de Gérard Filoche

Une réaction à chaud de l’inspecteur du travail Gérard Filoche qu’on ne croisera pas sur les média dominants mais à qui «Là-bas si j’y suis» a tendu son micro.

Émission du jour sur le Media

Avec Christophe Ramaux membre des «économistes atterrés» et la porte-parole du collectif citoyen «Nos retraites» qui se donne pour mission de diffuser des informations, du décryptage et de la « désintox » sur le projet de réforme des retraites concocté par le gouvernement.

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Radio France refuse d’informer sur le Référendum ADP

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Le service public a annoncé qu’il ne diffuserait aucun message publicitaire des opposants à la privatisation de Aéroports de Paris.

Radio France se justifiait mercredi 13 en disant « ne pas vouloir choquer les convictions politiques des auditeurs ». Étrangement, Radio France ne voyait aucun problème à diffuser la semaine dernière des spots incitant à acheter des actions Française des Jeux.

Le journaliste Marc Endeweld rappelle dans son livre « Le Grand Manipulateur » que Sybile Veil, la présidente de Radio France, est une proche d’Emmanuel Macron, et que son tonton Jean Veil est… l’avocat d’ADP !

Le média en ligne « Là-bas si j’y suis » traite le sujet en accès libre.

Sybile Veil – Présidente de Radio France

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c’est la rentrée, les chiens de garde sont en super forme !

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LES VRAIS JOURNALISTES SONT LÀ POUR NOUS ÉCLAIRER

FRANCE INTER S’INQUIÈTE POUR LES MILLIARDAIRES !

Le média en ligne indépendant «Là-bas si j’y suis» nous offre ces perles de journalistes engagés au quotidien dans la lutte contre les inégalités. Chapeau les artistes !

Hier lundi 9 septembre, Nicolas Demorand et Léa Salamé recevaient Thomas Piketty dans le 7-9 de France Inter. C’est peu de dire qu’ils étaient très très inquiets des propositions de l’économiste pourtant keynésien et parfaitement modéré…

Lire la suite ici

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CETA: les 10 contre-vérités proférées par le gouvernement et sa majorité

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Cet article a été proposé sur son blog Médiapart le 23 juillet par Maxime Combes, économiste, membre du CA d’ATTAC France et animateur du collectif Stop TAFTA-CETA national. Il est aussi auteur de « Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition », Seuil, Anthropocène, 2015.

Même si les députés français ont ratifié la mise en application du CETA le 23 juillet dernier, il doit encore être voté par le Sénat, probablement pas avant octobre. Il n’est donc pas inutile que chacune et chacun puisse se doter d’arguments pour interpeller ses élus à chaque fois qu’il(elle) en a l’occasion.

Nous ne présentons ici que l’excellente analyse en 10 points proposée par Maxime Combes. Pour lire l’article original, suivre ce lien.

Positionnée en juillet par Emmanuel Macron pour éviter toute contestation, la ratification en catimini du CETA n’est pas passée inaperçue. Les analyses de la société civile portent bien au-delà des cercles initiés et ont donné le ton au débat public. Poussés dans leurs retranchements, l’exécutif et la majorité ont multiplié les approximations, omissions et contre-vérités. Décryptage en 10 points.

1. Le CETA, bon pour la croissance et l’économie françaises ?

Le gouvernement, par la voix de son ministre du commerce Jean-Baptiste Lemoyne, ne cesse de vanter un bilan « très positif » des premiers mois de mise en application provisoire du CETA (septembre 2017) avec « une progression des exportations vers le Canada de 6,6 % entre 2017 et 2018 ». Sous-entendu : « c’est bon pour la croissance, bon pour les emplois, circulez, il n’y a rien à voir ». Sans ne jamais préciser que les exportation et excédent commercial envers le Canada n’ont fait que retrouver leurs niveaux de 2015, avant l’entrée en application du CETA (voir graphique).

Balance commerciale avec le Canada

Sans préciser non plus que les rares entreprises ou agriculteurs mis en avant pour vanter les exportations vers le Canada sont aujourd’hui déçus. Sans jamais se demander enfin, comme l’a fait un collectif d’économistes, « ce que valent quelques hypothétiques centièmes de point de PIB supplémentaires – soit l’étiage maximal des gains attendus du CETA – face aux conséquences agricoles, sociales, écologiques, et politiques, générées par la globalisation économique et financier ». Comme s’il pouvait y avoir encore du commerce, des parts de marché, des profits et des emplois sur une planète morte.

2. « Tout produit interdit sur le marché européen l’est aussi à l’importation »

Répétée à satiété par le ministre Jean-Baptiste Lemoyne, les rapporteurs du projet de loi, Jacques Maire et Marie Lebec, cette assertion est fausse. Problème : les députés LREM interpellés par voie électronique, et directement dans leurs circonscriptions, ont également propagé cette contre-vérité qui était insérée dans les « éléments de langage » qui leur ont été fournis.

Extrait de la réponse d’un député LREM aux personnes l’ayant interpellé.

Les ONG le disent depuis des mois, cette affirmation est fausse. Sous pression, poussé dans ses retranchements, le ministère de l’agriculture l’a d’ailleurs reconnu le15 juillet, à peine 72 heures avant l’examen du projet de loi. Le constat est clair : aucune règle n’interdit l’arrivée de bœuf canadien nourri à certaines farines animales ou « dopé » aux antibiotiques. Autant de pratiques qui sont pourtant interdites sur le sol européen. Cette contre-vérité se trouve pourtant toujours sur le site du gouvernement à l’heure du vote sur le CETA.

3. « Les filières agricoles ne seront pas déstabilisées par les importations canadiennes »

C’est l’un des arguments les plus utilisés par l’exécutif et les députés de la majorité. Pour tenter de désamorcer les craintes du monde agricole, ils affirment qu’aucune filière sensible ou qu’aucun territoire « n’a subi de conséquences négatives » suite à l’application provisoire du CETA en septembre 2017, que les quotas d’exportations de viandes canadiennes vers l’UE ne représentent pas grand chose et qu’ils ne sont pas utilisés à plein. Que ces contingents d’exportation ne soient pas utilisés ne signifient pourtant pas qu’ils ne le seront jamais, la mise en place d’une filière d’exportation nécessitant du temps. Il serait d’ailleurs plus qu’étonnant que le Canada ait âprement négocié les quotas obtenus pour ne pas les utiliser. Enfin, les arguments tentant de montrer que les quotas canadiens représentent une petite part de la production et de la consommation de viande en Europe ne tiennent pas compte de plusieurs facteurs : les exports canadiens vont principalement se porter sur des marchés spécifiques, comme celui de l’aloyau pour le bœuf, avec des quantités en mesure de déstabiliser la filière ; d’autre part, puisque l’UE et la France valident et signent des accords de commerce en grand nombre, c’est bien le total des quotas d’importation qu’il faut prendre en compte et non celui d’un seul accord : un effet d’agrégation va jouer sur chacune des filières concernées.

4. « Les normes européennes sont protégées » et le CETA permettra une harmonisation par le haut »

La majorité n’hésite pas à affirmer que les normes et standards européens sont protégés et que le CETA permettra même d’imposer de nouvelles réglementations au Canada. Cet argumentaire ne repose sur aucun fondement tangible : le CETA ne prévoit pas une harmonisation « par le haut » des normes existantes. Au contraire, il est fourni de dispositifs qui, dans la pratique, ont pour effet de réduire « ces barrières au commerce », exerçant une pression à la baisse sur les réglementations en vigueur ou celles qui sont envisagées. Si « le droit à réguler » des Etats est bien mentionné dans le texte du CETA, il est clairement restreint par des mécanismes comme « la coopération réglementaire » : dans ces espaces de coopération, ouverts aux intérêts des lobbys économiques et financiers, il est par exemple prévu de pouvoir discuter, derrière portes closes, des règles sanitaires et phytosanitaires. L’expérience montre que de tels dispositifs peuvent être utilisés pour affaiblir les règles applicables aux produits importés, et donc les normes et réglementations en vigueur. Plus important encore, le fait même que le CETA mette en concurrence des systèmes productifs, notamment dans le domaine agricole, assez différenciés du point des vue des normes qui s’appliquent, conduit à exercer une pression visant à réduire les normes et réglementations en vigueur : comment expliquer aux paysans français qu’ils vont être en concurrence avec le système agricole canadien où 46 molécules interdites en Europe, y sont autorisées ? D’une manière générale, cette mise en concurrence de systèmes productifs régulés de façon disparate conduit à rendre encore plus difficile tout renforcement des normes et réglementations dans le futur. Aussi bien en Europe qu’au Canada.

5. Le Canada est un partenaire de confiance aux normes proches des nôtres

« Si on ne signe pas d’accords de commerce avec les Canadiens, avec qui signera-t-on ? » entend-on sur les bancs de la majorité et du gouvernement. S’appuyant sur la relative bonne image du Canada dans l’opinion publique, et celle de son premier-ministre Justin Trudeau, l’exécutif et la majorité ne cessent de laisser entendre que les normes sanitaires et environnementales du Canada, et de ses provinces, seraient proches de celles existantes au sein de l’UE. Ce discours est doublement angélique, ou, si l’on tient compte que le gouvernement et l’exécutif sont bien informés, doublement faux. Faux d’abord parce que toute une série de réglementations sanitaires et environnementales au Canada sont moins drastiques qu’en Europe : outre l’aspect sanitaire évoqué ci-dessus, l’exploitation du pétrole issu des sables bitumineux en Alberta ne serait possible en Europe qu’à condition d’enfreindre toute une série de réglementations, notamment la directive européenne sur l’eau. Doublement faux ensuite, parce que le Canada ne cesse d’œuvrer, quels que soient ses gouvernements, pour tenter de saper les normes et réglementations européennes. La plus connue et la plus documentée de ces interventions a consisté à ce que le gouvernement canadien, en lien avec les entreprises pétrolières canadiennes et européennes (dont Total), mène un intense lobbying diplomatique visant à désarmer la directive sur la qualité des carburants et ainsi à faire en sorte que son pétrole sale ne soit pas de fait interdit à l’importation en Europe (voir ce CP d’Attac France dès 2012 et cette note des Amis de la Terre de 2014). Et le Canada a gagné : avant même d’entrer en vigueur, le CETA a contribué à réduire l’ambition de normes et régulations qui étaient en cours de discussion. Depuis, le Canada ne cesse de multiplier les pressions et les menaces contre les normes sanitaires européennes et contre l’application du principe de précaution (lire cet article du Monde qui fait un résumé utile des derniers épisodes).

6. Aucun effet en matière de réchauffement climatique

S’appuyant sur l’étude d’impact réalisée par le CEPII, le gouvernement et la majorité affirment que l’impact climatique du CETA serait minime. Ils affirment même que les émissions de gaz à effet de serre (GES) relâchées par les transports transatlantiques supplémentaires seraient compensées par la baisse des transports de ces mêmes marchandises par voie terrestre. Voilà un principe pour le moins discutable : au nom du climat, mieux vaudrait donc consommer des biens et services importés de très très loin plutôt que produits à côté de chez soi. Plus sérieusement, cette étude d’impact est plus que discutable : elle fait comme si tous les pays respectaient l’Accord de Paris sur le climat. Elle omet un point essentiel : les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, aussi bien par l’UE que par le Canada, sont insuffisants. Le Canada est le pire émetteur de GES par habitant des pays membres du G20, trois fois plus que l’UE, et Justin Trudeau a toujours refusé de donner plus d’ambition à la faible politique climatique canadienne. Cette étude d’impact du CEPII fait donc comme si un réchauffement climatique largement supérieur à 3°C – le résultat attendu des politiques climatiques actuelles – était optimal. Elle fait également comme si des émissions de GES supplémentaires, même résiduelles, pouvaient être acceptées alors que l’urgence climatique implique de les réduire drastiquement, et non des les augmenter, même petitement.

Cette étude du CEPII élude également une possibilité : que le Canada quitte l’Accord de Paris comme il avait quitté, par le passé, le protocole de Kyoto après l’avoir ratifié, et qu’il en rabatte encore sur son ambition climatique. Cette hypothèse n’est pas à écarter : Andrew Sheer, candidat conservateur, est en tête dans les sondages pour les élections fédérales d’octobre prochain et, climato-sceptique notoire, il a voté contre la ratification de l’Accord de Paris. Par ailleurs, les émissions du transport international ne sont pas comptabilisées dans le cadre de l’Accord de Paris (lire notre article) et sont en croissance exponentielle : envisager des les augmenter encore est plus que discutable. Enfin, les évaluations de l’effet de l’accroissement du commerce international sur les émissions de GES conduisent à conclure qu’il est positif, notamment quand il s’agit de commerce entre deux puissances économiques industrielles de niveau similaire (lire notre article qui recense les études à ce sujet). Plus généralement, nous avons montré dans cette note de décryptage combien les impacts climatiques du CETA ne peuvent se limiter aux effets de l’augmentation du commerce sur le niveau des émissions de GES.

7. Le CETA, un levier pour forcer le Canada à respecter ses engagements climatiques

« Le CETA est plus efficace contre le réchauffement climatique que le ‘chacun pour soi’ » a affirmé Bruno Le Maire dans la matinale de France Inter du 17 juillet 2019, laissant penser que le CETA serait donc le bon véhicule pour obtenir une solidification et des garanties sur les politiques climatiques de l’UE et du Canada. Le gouvernement s’appuie ensuite sur un article du CETA, l’article 24.4, pour dire qu’il « impose explicitement le respect des obligations souscrites par le Canada et l’Union européenne dans les accords environnementaux multilatéraux ». C’est oublier un peu vite que l’Accord de Paris n’est pas mentionné dans le CETA – alors que le texte du CETA a été modifié après la finalisation de l’Accord de Paris – et, surtout, que les chapitres sur le développement durable du CETA, et notamment cet article 24.4, n’ont aucune force exécutoire contraignante. Restreints à portion congrue (quelques pages sur les 1500 que comporte le texte du CETA), les chapitres sur le développement durable ne disposent en effet d’aucun instrument de contrainte, coercition ou sanction qui puisse être mobilisé si l’un des pays tiers ne respectent pas ces engagements, sauf à dénoncer l’accord dans son intégralité. Ainsi, on peut constater que cet article 24,4 utilise des verbes tels que « reconnaître » ou « réaffirmer » pour évoquer les accords environnementaux là où les chapitres clefs de l’accord, ceux consacrés au commerce et à l’investissement, utilisent des verbes bien plus engageants tels que « devoir », « obliger », « engager », etc.

8. Le Veto climatique protège l’intérêt général

C’est un des arguments majeurs du gouvernement et de la majorité. Face aux très vives critiques des mécanismes d’arbitrage investisseurs – Etat, et notamment la possibilité pour les entreprises privées d’attaquer les décisions et mesures de gouvernements soucieux d’agir en matière environnementale ou climatique, l’exécutif – dont Nicolas Hulot – pensait avoir trouvé la parade : introduire un « Veto climatique » pour « garantir le droit à réglementer en vue de réaliser des objectifs légitimes de politiques publiques ». Le document, rendu public à peine quelques jours avant le vote, et toujours pas entériné par l’UE et le Canada – il n’a donc pas d’existence légale à ce jour – n’a rien d’un Veto. Le Veto est le droit de dire « Non » et, ici, de bloquer une procédure initiée par une entreprise au nom de l’intérêt général. Ce mécanisme ne le permet pas : si le Canada et l’UE sont d’accord pour signer un document conjoint au moment où une multinationale attaque l’un des deux – ce qui reste à vérifier – alors pourront-ils tout juste transmettre ce document au panel d’arbitres qui trancheront en dernier ressort. Et dans tous les cas, le problème de fond n’est pas réglé : une mesure climatique qui ne respecterait pas les règles internationales du commerce et de l’investissement consignées dans le CETA pourra toujours être attaquée par une multinationale et sanctionnée par le tribunal d’arbitrage. Le droit du commerce et de l’investissement continue à primer sur l’urgence climatique, et plus largement sur l’intérêt général. Alors que le CETA renforce un déséquilibre majeur entre le droit privé commercial et l’exigence climatique et sociale, ce « veto climatique », qui n’en est pas un, ne vient pas rétablir l’équilibre. Il rate donc sa cible.

9. Il n’y a plus de justice d’exception favorable aux multinationales

Autre argument utilisé par le gouvernement et sa majorité : le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats a été modifié et il a été validé par le conseil constitutionnel et la Cour de justice de l’UE. Il présenterait même des « innovations majeures » qui disqualifieraient les critiques émises à son encontre. La nouvelle version des tribunaux d’arbitrage dans le CETA comporte effectivement des modifications de procédure, mais aucune qui n’en change profondément la nature comme l’explique ce document. C’est le principe même d’un mécanisme de justice parallèle destiné à contourner les juridictions nationales et européennes pour offrir aux investisseurs étrangers le droit d’attaquer une décision publique contraire à leurs intérêts est inacceptable. Il constitue une arme de dissuasion massive pour les investisseurs et les entreprises et réduit considérablement le pouvoir de réguler des autorités locales et nationales. Alors que les États Unis et le Canada qui avaient été les premiers pays industrialisés à se doter entre eux d’un mécanisme d’arbitrage entre investisseurs et États, dans le cadre de l’ALENA, viennent de l’abandonner, pourquoi en instaurer un entre l’Union européenne et le Canada ? Des centaines de milliers de citoyens à travers l’UE demande d’ailleurs qu’il soit mis fin à ce genre de dispositifs qui remette en cause le droit à réguler des pouvoirs publics.

10. « Ne pas signer le CETA c’est fermer les frontières et nous isoler nous-mêmes »

C’est l’argument principal asséné par Emmanuel Macron en réponse à la tribune de Nicolas Hulot appelant les députés à faire preuve de courage et à ne pas ratifier le CETA. Au mieux, cet argument est de la mauvaise-foi, au pire est-ce une tentative de manipulation politique. Dans les deux cas, on s’éloigne des faits objectifs et du sérieux requis pour éviter les caricatures. Ne pas ratifier le CETA ne signifie aucunement fermer les frontières : la France et le Canada sont couverts par les accords de l’OMC et le commerce transatlantique, tout comme les investissements croisés, se poursuivront. Avec le CETA, la question est de savoir s’il faut approfondir la mondialisation économique et financière par un accord qui va bien au-delà de la réduction des droits de douane – déjà très bas – entre l’UE et le Canada, ou s’il faut justement « enclencher la fonction PAUSE » et engager la rénovation des règles internationales du commerce et de l’investissement. Refuser le CETA au nom du climat, de la préservation d’un modèle agricole soutenable, de la démocratie et du pouvoir de régulation des pouvoirs publics, ce n’est pas non plus « nous isoler nous-mêmes ». C’est au contraire, dans un monde qui fait de la compétition de tous contre tous un horizon indépassable, ouvrir la possibilité de construire des solidarités internationales et de faire du climat et de la justice sociale des objectifs supérieurs au commerce à tout prix. Une occasion unique de rappeler qu’il n’y a « ni commerce ni parts de marché sur une planète morte ». Loin des caricatures professées par le gouvernement et sa majorité.

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ALSTOM, MACRON, HISTOIRE D’UNE TRAHISON

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En accès libre jusqu’au dimanche 28 juillet.

À la demande générale de ses abonnés, le journal en ligne Là-bas si j’y suis donne LIBRE ACCÈS durant cette semaine à cette enquête de Jérémie Younes et Kévin Accart qui vous permettra de comprendre les ressorts de cette incroyable affaire d’État.

Profitez-en pour vous abonner et pour abonner votre banquier, c’est le moment !

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URGENCE CETA – Demandez à vos parlementaires de ne pas ratifier le CETA !

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LÉclairCit étant hors TAFTA, CETA et autres ALE, c’est tout naturellement que nous relayons cet appel initié par le collectif STOP-TAFTA. Un outil est proposé au bas cette page pour vous aider à interpeller vos parlementaires.

Si vous souhaitez quelques éclaircissements à propos de l’enfumage (fake news ?) de M. Macron qui tente de justifier la signature d’accords de libre échange climaticides en s’appuyant sur l’accord sur le climat de 2015, nous vous recommandons un article de Politis à lire ici.

Mobilisons-nous ! Repoussé après les élections européennes par Emmanuel Macron, le processus de ratification du CETA, cet accord de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union européenne, vient de débuter !
Les députés voteront le 17 juillet, en séance plénière de l’Assemblée nationale. La volonté d’Emmanuel Macron est claire : ratifier le CETA en catimini, dans la torpeur de l’été, en espérant le moins de contestation possible.
Les députés n’ont pas la possibilité de modifier le texte : ils ne peuvent que l’approuver ou le rejeter.

Au nom de l’urgence climatique, de la santé, de l’agriculture, de l’emploi, des services publics et de la démocratie, aidez-nous à interpeller les députés et sénateurs. Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de chance de bloquer la ratification du CETA !

Grâce à l’outil ci-dessous, vous pouvez envoyer un courriel aux député·e·s pour leur demander de ne pas ratifier le CETA.

♦ Pensez bien à modifier le texte pour qu’il soit adapté (notamment choisir entre Monsieur et Madame le/la député·e).

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