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stopcovid : traçage, sécurité, anonymat, délation, fausses alertes… Vers un fichage à grande échelle ?

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Alors voilà, le décret n° 2020-650 du 29 mai 2020 relatif au traitement de données dénommé « StopCovid » est paru au JORF du 30 mai 2020.
Nous proposons ici de décrypter quelques aspects techniques de ce texte et de rappeler ensuite les risques inhérents à cette technologie. Risques qui, pour la plupart, demeurent élevés et nombreux en dépit des propos rassurants des promoteurs de ce système.

Que contient le texte ?

Il précise les modalités et finalités du dispositif. En particulier : à l’article 1 il est précisé que «L’application StopCovid est installée librement et gratuitement par les utilisateurs. Ceux-ci ont la faculté d’activer ou non la fonctionnalité de l’application […]. En cas de diagnostic clinique positif au virus du covid-19 ou de résultat positif à un examen de dépistage à ce virus, les utilisateurs de l’application sont libres de notifier ou non ce résultat dans l’application et de transmettre au serveur l’historique de proximité […]. L’application peut être désinstallée à tout moment.»

On voit ici qu’il est fait mention de la collecte par un serveur, de l’historique des contacts d’une personne. Il semble donc que le système repose sur un modèle dit « centralisé ». Ce qui signifie que la liste des contacts « à risque » n’est pas diffusée a priori et n’est connue que de l’autorité administrant le serveur. Ces aspects sont détaillés dans un document élaboré par des chercheurs en informatique et en cryptologie qui servira de support à la partie décryptage et analyse des risques qui va suivre.

L’article 2 présente quant à lui la mise en œuvre qui fait mention d’aspects techniques un peu rébarbatifs qui seront explicités dans le document déjà mentionné.

Analyse des risques

Dans un précédent article publié le 27 avril sur ce blog, nous avions déjà abordé le sujet du traçage informatique des personnes et des risques qui l’accompagnent, car il s’agit là d’un pas de plus vers la privation de nos droits qui vient renforcer l’arsenal répressif d’un pouvoir à bout de souffle.

Un pouvoir qui, désespéré d’avoir épuisé le fond du fond du réservoir idéologique ultra-libéral, n’a pas d’autre alternative que de surveiller et punir. La technique est celle de « l’effet cliquet » qui consiste à avancer au pas de charge en verrouillant les portes derrière soi pour couper ou entraver sérieusement toute possibilité de recul. C’est ce même principe que l’on retrouve dans les accords dits de Libre-échange et qui semble bien être l’arme favorite du libéralisme «en marche et au pas sinon gare !»

Plusieurs médias, organisations ou groupes de chercheurs spécialistes en droit, informatique et cryptologie ont choisi d’intervenir sur le sujet en dehors de leur cadre professionnel afin de nous éclairer et nous les en remercions.

  1. Le traçage anonyme, dangereux oxymore – Collectif de chercheurs
  2. Nos arguments pour rejeter StopCovid – La Quadrature du Net
  3. OPINIONS SUR L’USAGE DU TÉLÉPHONE PORTABLE À DES FINS DE SURVEILLANCE – CEVIPOF
  4. Mise en garde contre les applications de traçage – Signataires collectif « Attention StopCovid »
  5. Le Covid, les données de santé et Microsoft – par le média en ligne « Le Vent se Lève »

Les éléments qui suivent sont extraits du document « Le traçage anonyme, dangereux oxymore » cité ci-dessus. Ce document contient 13 pages et appuie son propos sur quelques « scénarios » qui permettent d’illustrer à partir d’exemples simples et « rigolos » quels peuvent être les risques rencontrés avec la mise en service d’un tel système.

Ces chercheurs présentent ainsi leur démarche : « Notre expertise en tant que spécialistes en cryptographie, sécurité ou droit des technologies réside notamment dans notre capacité à anticiper les multiples abus, détournements et autres comportements malveillants qui pourraient émerger. A l’heure actuelle, un vif débat a lieu entre les spécialistes du domaine sur la sécurité des applications proposées, opposant souvent les applications dites «centralisées» à celles dites «décentralisées». Indépendamment de ces considérations techniques, nous voulons alerter sur les dangers intrinsèques d’une application de traçage. A l’aide de différents scénarios concrets […] nous présentons les détournements possibles d’une telle technologie, quels que soient les détails de sa mise en œuvre. »

Risque de fausse déclaration (intentionnelle ou pas)

Le joueur de foot Gronaldo doit disputer le prochain match de Ligue des Champions. Pour l’empêcher de jouer, il suffit pour un adversaire de laisser son téléphone à côté de celui de Gronaldo à son insu, puis de se déclarer malade. Gronaldo recevra une alerte car il aurait été en contact avec une personne infectée, et devra rester 14 jours éloigné des terrains.

Comment retrouver qui vous a contaminé ?

(Le suspect unique) M. Lambda qui, pour éviter la contamination, ne sort de chez lui que pour faire ses courses à l’épicerie du quartier, reçoit une notification des on téléphone. Il en déduit que le responsable n’est autre que l’épicier.

(Mes voisins sont-ils malades ?) M. Ipokondriac voudrait savoir si ses voisins sont malades. Il récupère son vieux téléphone dans un placard, y installe l’application TraceVIRUS, et le laisse dans sa boîte aux lettres en bas de l’immeuble. Tous les voisins passent à côté à chaque fois qu’ils rentrent chez eux, et le téléphone recevra une notification si l’un d’entre eux est malade.

Comment savoir si une personne précise est malade ? L’espionnage à la portée de tous

(L’entretien d’embauche) L’entreprise RIPOUE souhaite recruter une personne pour un CDD. Elle veut s’assurer que le candidat ne tombe pas malade entre l’entretien d’embauche et la signature du contrat. Elle utilise donc un téléphone dédié qui est allumé uniquement pendant l’entretien, et qui recevra une alerte si le candidat est testé positif plus tard.

Comment déclencher une fausse alerte et faire croire à quelqu’un qu’il risque d’être malade ?

(L’ingérence étrangère). Le sous-marin Le Terrifiant doit appareiller dans quelques jours, mais Jean Bond est un agent étranger qui veut empêcher son départ. Il recrute Mata-Hatchoum qui présente des symptômes, et lui demande de faire le tour des bars de marins. Mata-Hatchoum va ensuite se faire tester et 5 marins reçoivent une notification de l’application. Le Terrifiant est obligé de rester à quai.

Activer le Bluetooth pose des problèmes de sécurité

(Centre commercial) Le centre commercial La Fayote veut protéger ses clients, et refuser ceux qui n’utilisent pas l’application TraceVIRUS. Comme l’application diffuse régulièrement des messages, il suffit que le vigile à l’entrée utilise une antenne Bluetooth pour détecter les clients qui utilisent l’application, et ceux qui ne l’utilisent pas.

Vers un système parallèle de fichage à grande échelle ?

(L’application GeoTraceVIRUS) Peu après avoir installé l’application TraceVIRUS, Mme Toutlemonde entend parler de l’application GeoTraceVIRUS qui réutilise les informations TraceVIRUS pour localiser les malades. Mme Toutlemonde apprend ainsi qu’un malade s’est rendu samedi dernier au supermarché PetitPrix. Par crainte (peut-être infondée) d’attraper le virus, elle ne fera pas ses courses chez PetitPrix cette semaine.

Beaucoup d’autres exemples tels que ceux-ci figurent dans le document et ils sont accompagnés de commentaires très clairs.

Questions/réponses

Nous avons posé quelques questions au collectif « Attention StopCovid » cité plus haut.

1 – Question : Que penser de la rumeur selon laquelle les personnes ne souhaitant pas être tracées devraient demander à leurs amis ou proches qui ont installé l’application sur leur mobile de les supprimer de leurs contacts ?

Réponse : Rien dans le code public ne laisse penser qu’il y a un accès aux contacts. Évidemment il est possible que la version distribuée soit différente, mais ça serait détectable, et il suffit de regarder lors de l’installation si l’application dans ses permissions demande un accès aux contacts.

2 – Question : Dans la mesure où une personne n’installe pas l’application, peut-elle être néanmoins détectée par un téléphone sur lequel l’application est installée ?

Réponse : Dans une configuration normale non

3 – Question : Est-il vrai que l’exploitation des données va être confiée à Microsoft ?

Réponse : Non mais oui. La gestion des données de StopCovid en théorie est faite pas un industriel français. Microsoft par contre va gérer les données de nouvelles bases de données en lien avec les patients covid.

4 – Question : Lorsqu’une personne est détectée malade, qui fait la déclaration ? ( Médecin traitant, malade, autorité centrale ??? )

Réponse : En théorie, le malade recevra un code à taper / scanner qui lui permettra de faire la saisie. Il n’est pas clair (a priori non..) de si ce code sera spécifique à une personne, ou s’il pourra être cédé / revendu

5 – Question : Savez-vous quel type de protocole est utilisé dans l’application StopCovid ? En particulier, savez-vous si le risque de fausse déclaration (intentionnelle ou pas) de la part d’un malade est nul avec StopCovid ?

Réponse : Il n’y a pas de détail précis, le code devrait être à usage unique, mais pas ciblé pour un téléphone… Donc si on vous vole votre papier, ou si vous le vendez quelqu’un d’autre pourra faire croire à un contact aux gens qu’il a croisé.

6 – Question : Bien que les identifiants des personnes reposent sur des « pseudos », j’imagine qu’il y a nécessairement un lien d’association entre le pseudo et le numéro de téléphone de la personne. De cette manière peut-on dire que l’application préserve l’anonymat et ce, quel que soit le protocole ?

Réponse : Le pseudonyme qui vous correspond est complètement décorrélé de votre numéro de téléphone. Mais lors de la création, le serveur a accès à votre adresse IP, donc il peut assurer votre identifiant anonyme à vous…
Il était question d’instancier un mixnet pour éviter ça, mais depuis il n’y a eu aucune nouvelle en ce sens, et donc il est possible que cette désanonymisation puisse arriver…

Pour aller plus loin

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Naissance du « Conseil national de la Nouvelle Résistance »

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« Les Jours heureux » sont le véritable horizon d’un programme politique

Il y a peu de chances que les médias dominants fassent grand bruit au sujet de cette initiative. Elle a donc toute sa place dans les relais de LÉclairCit.

Le premier Conseil national de la Nouvelle Résistance (CNNR) est né. En plus de la vidéo de présentation ci-dessus, vous pourrez trouver davantage de détails sur le site de REPORTERRE.

Le CNNR est composé de dix femmes et de dix hommes :

. Anne Beaumanoir (coprésidente d’honneur), Juste et résistante
. Claude Alphandéry, (coprésident d’honneur), résistant
. Dominique Méda, professeure de sociologie
. Dominique Bourg, philosophe, professeur honoraire à l’Université de Lausanne
. Samuel Churin, comédien (coordination des intermittents et des précaires)
. Danièle Linhart, sociologue du travail
. Sabrina Ali Benali, médecin et militante
. Pablo Servigne, auteur et conférencier spécialiste des questions de transition écologique
. Olivier Favereau, professeur émérite de sciences économiques à l’université Paris-Nanterre
. Yannick Kergoat, monteur-réalisateur
. Jean-Marie Harribey, économiste, maître de conférence, membre des Économistes atterrés
. Anne Eydoux, maîtresse de conférence au Cnam, membre des Économistes atterrés
. Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
. Pauline Londeix, ex-vice-présidente d’Act Up-Paris, cofondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament
. Antoine Comte, avocat à Paris
. Véronique Decker, enseignante et directrice d’école, syndicaliste et militante pédagogique
. Fatima Ouassak, politologue, porte-parole du syndicat Front de mères
. Anne-Claire Rafflegeau, infirmière et porte-parole du collectif inter-urgences
. Clotilde Bato, présidente de Notre Affaire à tous, déléguée générale chez SOL Alternatives agroécologiques et solidaires
. Benoît Piédallu, membre de La Quadrature du Net

Secrétariat

. Gérard Mordillat (cinéaste, romancier),
. Gilles Perret (réalisateur, cofondateur de Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui),
. Denis Robert (journaliste, écrivain),
. Florent Massot (éditeur),
. Katell Gouëllo (Le Média TV),
. Bertrand Rothé (agrégé d’économie, professeur d’université).

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Les investisseurs étrangers vont-ils attaquer les plans de lutte contre le Covid-19 des Etats ?

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Mathilde Dupré, Co-directrice de l’Institut Veblen, publie dans « Alternatives Économiques » du 20 avril, un article particulièrement inquiétant, mais aussi révélateur que le Monde d’hier et d’aujourd’hui n’a pas l’intention d’opérer un quelconque changement de cap demain.

Pour s’en convaincre il faut rappeler quelques éléments concrets qui prouvent que si on doit parler de guerre, c’est bien à propos du monde de la finance, des marchés et des transnationales qui se sont solidement armés pour mener une guerre sans pitié contre les états et leurs peuples.

Pour illustrer cela, on peut rappeler les limites d’action de quelques institutions spécialisées de l’ONU au regard du pouvoir énorme dont disposent les transnationales et leur alliée l’OMC Organisation Mondiale du Commerce.

  • OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : aujourd’hui à propos de la grave crise sanitaire que nous traversons, on entend beaucoup les chiens de garde des médias dominants relayer sans broncher les critiques faites à l’encontre de l’OMS. Pourtant n’oublions pas, comme le rappelle Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’université de Genève, au journal « La Croix » du 24avril : « L’OMS n’est ni un gendarme, ni une puissance supranationale, c’est une organisation internationale au service de ses États membres, la Chine, en l’occurrence, mais aussi tous les États qui font appel à elle ». C’est seulement sur invitation du gouvernement concerné qu’une équipe de l’OMS peut être envoyée sur place.
  • OIT (Organisation Internationale du Travail) : Toujours dans le contexte de la crise due au COVID-19, nous observons aujourd’hui que des atteintes graves sont en cours à l’encontre des travailleuses et des travailleurs. Cependant l’OIT n’a que peu de pouvoir comme on peut le lire dans la fiche élaborée par ATTAC-RHÔNE.

Contrairement aux deux organisations précédentes, l’OMC dispose d’un ORD (Organe de Règlement des Différends) qui permet aux États membres de s’attaquer et d’obtenir d’éventuelles condamnations. De la même manière les transnationales disposent de mécanismes d’arbitrage privés qui leur permettent d’attaquer les États dans le cadre des accords commerciaux dits de « Libre-échange » (il est important de signaler que ces mécanismes d’arbitrage sont à sens unique et ne permettent pas aux États d’attaquer une transnationale). C’est le cas notamment du CETA, accord entre l’Union Européenne et le CANADA, que M. Macron se refuse à remettre en cause, ce qui permet de se faire une idée de sa vision du Monde d’après Covid.

Pour lire l’article de Mathilde Dupré ainsi qu’un autre sur le même sujet paru il y a peu sur Médiapart c’est ICI et

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ADP : LE SCANDALE QUI REMET EN CAUSE LA PRIVATISATION

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Tout est dans le titre

Le journaliste Marc Endeweld qui travaille, entre autres, pour la chaîne indépendante LEMEDIATV.fr a mené une enquête qui révèle l’existence d’une caisse noire et d’un parfum de corruption chez ADP.
Alors que les médias dominants et que les chiens de garde restent muets sur ce sujet, nous ne pouvons que relayer cette information et vous inviter à visionner l’émission que «Le Média» a diffusé en direct hier soir jeudi 13 février.

Résumé

Adoptée en avril 2019, la loi pour “la croissance et la transformation des entreprises” a ouvert la voie à la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). La revente de ses parts par l’État détenteur de plus de 50% des actions n’est pourtant pas de l’humeur de tout le monde.

L’opposition parlementaire a lancé en mai 2019 un référendum d’initiative partagée (RIP) devant attendre 4,7 millions de votes nécessaires à l’organisation d’un référendum. Alors que la procédure en ligne est ouverte jusqu’à mi-mars 2020, celle-ci n’a récolté qu’un peu plus d’un million de votes qui ne suffiront pas à stopper le projet de vente de l’aéroport.

L’enquête de Marc Endeweld peut-elle remettre en cause la privatisation ?
Pour tenter de répondre à cette question et revenir sur la privatisation et sur les suites à donner aux révélation de Marc Endeweld pour Le Média, Denis Robert et Marc Endeweld en débattent avec Isabelle This Saint Jean, Éric Coquerel et Daniel Bertone (Secrétaire général CGT d’ADP).

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La fake news de Madame Salamé

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Ce qui est terrible quand on profère un mensonge en direct à la radio, c’est qu’il révèle aussi votre méthode de travail : cliquer sur le premier lien Google et lire la première phrase.

Lundi 10 février dans la matinale de France Inter, Monsieur Demorand et Madame Salamé interviewaient, pour la parution de son livre Le Triomphe de l’injustice, Gabriel Zucman, économiste spécialiste des inégalités et de la fiscalité, professeur à l’université de Berkeley aux États-Unis.

A un moment, Madame Salamé a avancé des chiffres sur les taux de pauvreté aux États-Unis et en France. Chiffres que son interlocuteur a explicitement mis en doute. Face à cet expert en économie, notre grande journaliste, spécialiste également des voyages de riches dans des malles,  n’a pas désarmé en insistant sur les chiffres qu’elle avait fini par retrouver.

La suite, c’est Bernard Marx, chroniqueur économiste à la revue «Regards» qui nous la propose en rétablissant la vérité des faits. Pour lire son décryptage suivre ce lien.

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relativité très restreinte en matière d’information

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Plusieurs événements d’actualité nous sont relatés par la plupart des grands médias sous un angle brut et, certes, factuel, mais sans recul, sans mise en perspective. Bref, des coups de projecteurs très directionnels pour ne pas dire orientés.
Pour illustrer ce phénomène nous proposons d’examiner le traitement de deux sujets récents d’actualité.

Enfin, précisons que cet article n’est pas destiné à analyser, commenter ou prendre position sur les deux sujets choisis, mais cherche simplement à pointer le manque de mise en perspective de leur traitement par la plupart des médias dominants.

Intrusion au siège parisien de la CFDT

  • Intrusion « violente » au siège de la CFDT titrait « Le Parisien » dans son édition du 17 janvier 2020
  • Réforme des retraites : le siège de la CFDT attaqué par des grévistes de la « coordination SNCF-RATP » titrait « Valeurs actuelles » dans son édition du 17 janvier 2020
  • Intrusion au siège de la CFDT, condamnée par politiques et syndicats titrait « Le Point »  dans son édition du 17 janvier 2020
  • Violente intrusion au siège parisien de la CFDT titrait « L’ Express »  dans son édition du 17 janvier 2020

Cette liste non exhaustive résume assez bien l’angle choisi  par la majorité des médias pour traiter cette « Affaire ». Le propos n’est pas ici de prendre position pour juger de faits dont la réalité finira (ou pas) par être connue. Non, ce qui chagrine un peu aux entournures, c’est que ces médias, censés disposer de gros moyens puisqu’ils sont pour beaucoup possédés par des milliardaires, semblent ne pas disposer de journalistes. Car, enfin quoi, un journaliste digne de ce nom aurait pu, pourquoi pas, partager dans un premier temps l’émotion de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Mais ensuite, les larmes étant séchées, il aurait normalement repris froidement le dossier, comme l’a fait le « Canard Enchaîné » du 22 janvier 2020 et apporter un peu de nuances pour relativiser, même de façon restreinte, l’indignation absolue de Laurent Berger.
Pour s’en convaincre, il suffit de lire ci-dessous l’article du « Canard ».

Coupures de courant par les grévistes

  • Grève : les coupures de courant, une action illégale titrait « La Croix »  dans son édition du 19 décembre 2019
  • Coupures de courant : la CGT est-elle hors la loi ? titrait « Le Point »  dans son édition du 18 décembre 2019
  • Réforme des retraites : des coupures d’électricité comme symboles de la colère. C’est l’annonce titre du journal de 13h d’Europe1 du 12 décembre 2019. Le titre est « Soft », mais le contenu présenté avec le titre « On décrypte » laisse apparaître que le sujet est essentiellement traité du point de vue des usagers.

Là encore, la liste des références n’est pas exhaustive et il ne s’agit pas ici de commenter ces faits afin de savoir si on cautionne ou si on condamne. Bien évidemment que chacune et chacun d’entre nous a un avis et une position sur cette question. Le problème est que le traitement médiatique de cette actualité n’offre pas, encore une fois, la possibilité d’envisager tous les éléments d’un débat qui permette de penser ces faits avec quelques objections. Pourtant, il existe en France un grand nombre de nos concitoyens qui se trouvent confrontés à la précarité tout en cumulant les peines : précarité sociale, précarité sanitaire, précarité énergétique, précarité alimentaire
Si on se penche ici sur la précarité énergétique, on peut alors démarrer un débat sur les coupures de courant. Ci-dessous figurent quelques chiffres qui permettent de fixer quelques repères et de donner un peu de perspective à propos des coupures imputables aux grévistes du secteur de l’énergie, coupures qui, il faut le souligner, ont une durée de l’ordre de quelques heures.

Cliquer sur l’image pour une meilleure lecture
Tableau de Bord de la précarité énergétique (ONPE – Observatoire National de la Précarité Énergétique)

Dans son édition du deuxième semestre 2019, le « Tableau de Bord de la précarité énergétique »  de l’ONPE nous apprend (page 21) que :

  • « Les données provisoires pour le 1er semestre 2019, transmises par les fournisseurs au médiateur national de l’énergie, font état d’une hausse des interventions pour impayés, coupures ou réductions de puissance de 18% en électricité, et 10% en gaz naturel, par rapport au 1er semestre 2018. »
  • « En électricité, sur les 477 349 interventions pour impayés réalisées en 2018, 247 490 étaient des coupures et 229 859 des réductions de puissance. »

    Ces chiffres rappellent juste que les coupures de courant existent en d’autres circonstances que celles du mouvement de grève actuel, qu’elles sont effectuées par le distributeur d’énergie, qu’elles touchent celles et ceux de nos concitoyens qui sont parmi les plus démunis et les plus fragiles, qu’elles durent beaucoup plus longtemps que quelques heures et enfin, que les grévistes qui commettent des coupures ciblées, ont aussi à leur actif de rétablir parfois le courant dans des foyers où il a été coupé.

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qu’est-ce donc qu’un Journaliste militant ?

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Macron, l’exfiltré

C’est le titre de l’article publié ce 18 janvier par le média en ligne Là-bas si j’y suis.

Quand le théâtre est dans la rue

Comment faire sortir le théâtre du cercle étroit des initiés ? Comment atteindre le grand public avec des pièces qui le concernent et des mises en scènes qui le touchent ? À ces questions mille fois posées dans le monde de la culture, le spectacle donné hier soir au théâtre des Bouffes du Nord a apporté une réponse éclatante.

En voici le déroulement

Un couple présidentiel vient assister incognito à une pièce de théâtre contemporain. Assis trois rangs derrière, un jeune journaliste français assiste au spectacle. Avant le lever du rideau, ce jeune homme fait un tweet sur son portable : « Je suis actuellement au théâtre des Bouffes du Nord, trois rangées derrière le président de la République. Des militants sont quelque part dans le coin et appellent tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare… la soirée risque d’être mouvementée ».
Ce jeune homme c’est Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis. C’est aussi le journaliste qui avait filmé Alexandre Benalla en train de violenter les manifestants place de la Contrescarpe à Paris. Les médias dominants ont relayé cette info en parlant de Taha sans mentionner, dans la plupart des cas, le fait qu’il soit journaliste ou bien alors, en y accolant le terme « militant », comme ce fut le cas ce matin sur France Inter. Bizarre tout de même ce souci du détail, alors qu’il ne vient jamais à l’esprit de Léa Salamé ou de Nicolas Demorand d’introduire chaque matin la chronique de Dominique Seux en le présentant comme journaliste militant. C’est pourtant bien à ça qu’on a droit chaque matin sur l’antenne de service public. Lire la suite en cliquant ICI

TAHA LIBRE ! Mais l’enquête se poursuit…

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Conférence de presse sur la mort de Cédric C. suite à un contrôle de police.

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Cédric Chouviat était livreur, âgé de 42 ans et père de cinq enfants. Il est mort après avoir été admis à l’hôpital à la suite d’une interpellation dont les motifs relatés par les avocats et la famille varient selon les moments de la journée où s’est déroulé le drame.

La capture ci-dessous de la conférence de presse offre, au travers des interventions des avocats et de la famille, un regard détaillé et emprunt de dignité sur ce drame qui n’a suscité pour le moment aucun geste ni aucun témoignage de sympathie de la part de l’exécutif à l’égard des proches de Cédric Chouviat. 

La conférence dure un peu moins d’une heure, et la qualité visuelle n’est pas optimale, mais les interventions sont édifiantes et on ne risque pas de les entendre dans leur intégralité dans les médias dominants.

Conférence de presse à la LDH. Cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo.

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Les chiens de garde « interviewent » les opposants à la « réforme » des retraites

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Comme à chaque mobilisation sociale, syndicalistes et personnalités politiques opposés à la contre-réforme pâtissent de dispositifs hostiles et d’une violence médiatique qui va crescendo, incarnée par des chiens de garde assurant le service après-vente des décisions du gouvernement.

ACRIMED vous offre une compilation vidéo qui illustre parfaitement le rouleau compresseur qui étouffe toute parole alternative.

A cette occasion, si vous considérez que l’accès à une information non biaisée et non partisane est un droit, nous ne pouvons que vous encourager à soutenir ACRIMED ainsi que tous les médias alternatifs et réellement indépendants.

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OPÉRATION PROPAGANDE : LE BINGO SPÉCIAL DU 5 DÉCEMBRE

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Jouez avec les éléments de langage de la propagande des médias dominants !

« Privilèges ! Corporatistes ! Prise d’otage ! » Les jours qui ont précédé le 5 décembre ont vu la propagande médiatique s’abattre sur la mobilisation.

Le MEDIA, journal indépendant en ligne vous propose de prendre le parti d’en rire en jouant au bingo avec tous ces éléments de langage.

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