Retour sur un atelier d’écriture

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A la suite d’une assemblée du mouvement citoyen «Les insoumis de l’Aube», plusieurs personnes ont assisté le vendredi 20 mai dernier à la conférence gesticulée «Des lendemains qui chantent» de et par Jacques Esnault.

Le lendemain samedi 21 mai, Jacques Esnault a animé un atelier de lecture,  chant et écriture sur le thème de la chanson de lutte. Huit personnes, dont deux membres du CA de LÉclairCit, ont assisté à cet atelier. Après avoir lu et «décortiqué» le texte de la chanson «Fille d’ouvriers» de Jules Jouy, les participants l’ont ensuite écoutée, interprétée par Michèle Bernard, puis l’ont chantée afin de ressentir l’effet de la musique des mots.
Jacques a ensuite proposé que chacun(e) écrive, en trente minutes, un texte de chanson «de lutte» sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. A la fin du temps imparti, chacun(e) a lu ou chanté son texte avant de le soumettre, durant 5 minutes, à la critique des autres.

Ce fut une expérience très riche et très conviviale dans une ambiance tout aussi détendue que la veille. L’impression partagée par tous les participants (y compris par Jacques), fut d’être très agréablement surpris par la qualité des textes produits (vu le temps imparti et la difficulté de l’exercice), et aussi par le niveau des discussions et des échanges qui ont eu lieu pendant l’instant critique.

LÉclairCit a proposé de publier les textes produits afin d’illustrer l’exercice et, pourquoi pas, de prendre l’initiative d’organiser ce genre d’atelier. Quelques participants ont accepté de fournir leurs textes à LÉclairCit pour une publication anonyme afin de ne juger que les contenus. Ils sont reproduits ci-dessous dans leur version «brute» telle que produite à l’issue des trente minutes.


 L’indifférence

Indifférence tu nous étreins
Indifférence terre à chagrin
Tu erres comme charognard
Sur la chair de tes frères bagnards
Sous tes airs de bourgeoise libérée
Tu n’es qu’une demi-mondaine achetée
Traître à tes frères en Humanité
Indifférence il est temps de t’effacer !


 Flouze Sentimental

Avance tout droit sur la carte
Rengaine morne et insipide
Grêle de coups si tu t’écartes
Et vite vite tu prends des rides
N’écoute rien, presse le pas
Tu n’es bon qu’à faire des tas

Foule anonyme et tarifée
Rideaux tirés sur l’horizon
Icare fou tu vas tomber
Comme une lame sur ton pognon
Luttons contre l’ignorance


La morale

Bien faire et bien penser c’est la morale
Ne pas déborder de mon rôle c’est normal
Le bien et le mal le curé s’en fout
Sa morale convient quand il a son trou

C’est normal c’est moral

Être oligarque et se reproduire même si ça pue
La politique des véreux nous défonce le cul
Les maîtres du monde les rois de la banque
Du talon appuient sur nos misères nos manques

C’est normal c’est moral

Les peuples du monde sont partis sans casse dalle
Vers des terres promises par les chacals
Un jour futur je partirai violer le clergé
J’irai enfermer les oligarques
J’oserai piller les banques
De ces chiens de la belle morale
J’en ferai de la pâte à papier
Pour écrire ma vérité sans me renier

C’est normal c’est moral


 Luttons contre l’ignorance

(Sur l’air des « Crapauds)

Toutes les embûches
Comme de grosses bûches
Sont sur le chemin
De la connaissance

Contre l’ignorance
Obstacles à franchir
Les yeux à ouvrir
Pour bien accepter

Toutes les pensées,
Il nous  faut comprendre
Les belles différences
Leur richesse intense

Et puis regarder toutes les couleurs,
et puis échanger toutes les idées

Ouvrir grand les bras
Ouvrir grand nos portes
Accueillir les autres
Chanter avec eux

Comment vivre mieux, comment mieux apprendre,
Poser toutes les armes, parler se comprendre
Lendemains qui chantent et peuples en attente
De la tolérance soyons flèche ardente !


Les mots

Les mots nous jouent des tours.
Parfois, souvent, toujours !
Les mots sont comme des balles
Qui tuent, quoi d’plus normal !

Étudiant, syndicaliste,
Tu gueules que tu existes,
Ta rage explose en chœur,
Tu seras fait casseur !

Arracheur de chemise blanche,
Sale porteur de violence !
Destructeur de portiques,
Gentil bonnet rouge face aux flics !

Alors toi, passant sans métro,
Si on te tend un jour le micro,
Au lieu de gueuler comme un otage,
Fais péter les gonds de ta cage !

Fais siffler d’autres mots/balles,
Dis leur de s’faire la malle !

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