relativité très restreinte en matière d’information

Cliquer sur un des boutons ci-dessous pour partager cet article

Plusieurs événements d’actualité nous sont relatés par la plupart des grands médias sous un angle brut et, certes, factuel, mais sans recul, sans mise en perspective. Bref, des coups de projecteurs très directionnels pour ne pas dire orientés.
Pour illustrer ce phénomène nous proposons d’examiner le traitement de deux sujets récents d’actualité.

Enfin, précisons que cet article n’est pas destiné à analyser, commenter ou prendre position sur les deux sujets choisis, mais cherche simplement à pointer le manque de mise en perspective de leur traitement par la plupart des médias dominants.

Intrusion au siège parisien de la CFDT

  • Intrusion « violente » au siège de la CFDT titrait « Le Parisien » dans son édition du 17 janvier 2020
  • Réforme des retraites : le siège de la CFDT attaqué par des grévistes de la « coordination SNCF-RATP » titrait « Valeurs actuelles » dans son édition du 17 janvier 2020
  • Intrusion au siège de la CFDT, condamnée par politiques et syndicats titrait « Le Point »  dans son édition du 17 janvier 2020
  • Violente intrusion au siège parisien de la CFDT titrait « L’ Express »  dans son édition du 17 janvier 2020

Cette liste non exhaustive résume assez bien l’angle choisi  par la majorité des médias pour traiter cette « Affaire ». Le propos n’est pas ici de prendre position pour juger de faits dont la réalité finira (ou pas) par être connue. Non, ce qui chagrine un peu aux entournures, c’est que ces médias, censés disposer de gros moyens puisqu’ils sont pour beaucoup possédés par des milliardaires, semblent ne pas disposer de journalistes. Car, enfin quoi, un journaliste digne de ce nom aurait pu, pourquoi pas, partager dans un premier temps l’émotion de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Mais ensuite, les larmes étant séchées, il aurait normalement repris froidement le dossier, comme l’a fait le « Canard Enchaîné » du 22 janvier 2020 et apporter un peu de nuances pour relativiser, même de façon restreinte, l’indignation absolue de Laurent Berger.
Pour s’en convaincre, il suffit de lire ci-dessous l’article du « Canard ».

Coupures de courant par les grévistes

  • Grève : les coupures de courant, une action illégale titrait « La Croix »  dans son édition du 19 décembre 2019
  • Coupures de courant : la CGT est-elle hors la loi ? titrait « Le Point »  dans son édition du 18 décembre 2019
  • Réforme des retraites : des coupures d’électricité comme symboles de la colère. C’est l’annonce titre du journal de 13h d’Europe1 du 12 décembre 2019. Le titre est « Soft », mais le contenu présenté avec le titre « On décrypte » laisse apparaître que le sujet est essentiellement traité du point de vue des usagers.

Là encore, la liste des références n’est pas exhaustive et il ne s’agit pas ici de commenter ces faits afin de savoir si on cautionne ou si on condamne. Bien évidemment que chacune et chacun d’entre nous a un avis et une position sur cette question. Le problème est que le traitement médiatique de cette actualité n’offre pas, encore une fois, la possibilité d’envisager tous les éléments d’un débat qui permette de penser ces faits avec quelques objections. Pourtant, il existe en France un grand nombre de nos concitoyens qui se trouvent confrontés à la précarité tout en cumulant les peines : précarité sociale, précarité sanitaire, précarité énergétique, précarité alimentaire
Si on se penche ici sur la précarité énergétique, on peut alors démarrer un débat sur les coupures de courant. Ci-dessous figurent quelques chiffres qui permettent de fixer quelques repères et de donner un peu de perspective à propos des coupures imputables aux grévistes du secteur de l’énergie, coupures qui, il faut le souligner, ont une durée de l’ordre de quelques heures.

Cliquer sur l’image pour une meilleure lecture
Tableau de Bord de la précarité énergétique (ONPE – Observatoire National de la Précarité Énergétique)

Dans son édition du deuxième semestre 2019, le « Tableau de Bord de la précarité énergétique »  de l’ONPE nous apprend (page 21) que :

  • « Les données provisoires pour le 1er semestre 2019, transmises par les fournisseurs au médiateur national de l’énergie, font état d’une hausse des interventions pour impayés, coupures ou réductions de puissance de 18% en électricité, et 10% en gaz naturel, par rapport au 1er semestre 2018. »
  • « En électricité, sur les 477 349 interventions pour impayés réalisées en 2018, 247 490 étaient des coupures et 229 859 des réductions de puissance. »

    Ces chiffres rappellent juste que les coupures de courant existent en d’autres circonstances que celles du mouvement de grève actuel, qu’elles sont effectuées par le distributeur d’énergie, qu’elles touchent celles et ceux de nos concitoyens qui sont parmi les plus démunis et les plus fragiles, qu’elles durent beaucoup plus longtemps que quelques heures et enfin, que les grévistes qui commettent des coupures ciblées, ont aussi à leur actif de rétablir parfois le courant dans des foyers où il a été coupé.

Cliquer sur un des boutons ci-dessous pour partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *