Archives de catégorie : Chez nos voisins

Good news ou fake news ?

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Le 16 septembre 2011, un homme s’immole par le feu devant une banque de Thessalonique, au nord de la Grèce (photo : REUTERS/Nodas Stylianidis)

Lundi 20 août, la Grèce est sortie des plans d’aide de l’Union Européenne (UE).
Le même jour donc, Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, et toujours présenté par les médias comme socialiste, est l’invité du grand entretien de France Inter à 8h20.
A la question de l’impertinent journaliste du moment (ils sont interchangeables) «La Grèce est-elle vraiment sortie de la crise ?», l’homme «de gauche» répond sans sourcilier  «Elle a en tout cas retrouvé son libre arbitre après huit ans de contrôle des organismes financiers.». Une bonne nouvelle, estime le Commissaire européen.

Fichtre ! Une bonne nouvelle ? La question se pose naturellement, mais, à l’écoute de cet entretien, peut-on douter des propos de Monsieur Moscovici qui semble savoir, pour l’avoir probablement vécu intimement au quotidien, ce qu’austérité veut dire ?

Quelques extraits de ce qui constitue pour M. Moscovici une bonne nouvelle

Les propos qui suivent sont consultables sur le site de l’émission Le grand entretien référencée plus haut.

  • L’avenir, c’est que la Grèce va pouvoir définir sa propre politique économique
  • La Grèce sera un pays de la zone euro comme les autres
  • Il y a eu des pressions qui ont été dures pour la Grèce
  • On peut très bien avoir des services publics qui sont gérés par des entreprises privées…

On notera ici la qualité de l’argumentaire développé par l’expert européen dont les propos pourraient être générés de façon quasi automatique comme le montre avec talent Franck Lepage (exemples ici ou ). A ce propos rappelons que Franck Lepage se produira le samedi 29 septembre au centre culturel Didier Bienaimé à La Chapelle Saint Luc (voir les détails ici).

Alors, regardons un peu la «Bonne nouvelle» telle que les médias dominants ne nous l’ont pas présentée.

Quelques chiffres en guise de bilan

Les chiffres présentés ici sont extraits du site d’information Là-bas si j’y suis.

  • La population a baissé de 400 000 personnes,
  • plus de 300 000 jeunes ont quitté le pays, surtout les diplômés,
  • les salaires et les retraites ont baissé d’environ 40 %,
  • les ménages ont perdu un tiers de leurs revenus,
  • des dizaines de milliers d’entreprises ont fermé,
  • le chômage est à 20 %,
  • 35 % de la population vit sous le seuil de pauvreté,

On pourra trouver un développement précis et détaillé de cette période de douleur pour le peuple grec dans le texte d’Éric Toussaint qui a été le Coordinateur de la Commission pour la vérité sur la dette grecque (voir le film). Notons ici que les experts orthodoxes, qu’ils soient journalistes, économistes ou politiques, ne parlent la plupart du temps que de «la Grèce», ce terme générique qui permet de dérouler la propagande en évitant d’évoquer la souffrance du peuple grec.

Rappelons également que notre association a invité Stathis Kouvélakis pour une conférence le 24 novembre 2016. Il est encore possible d’écouter ou de télécharger l’intégralité de la conférence en cliquant ici afin de constater l’ampleur des dégâts causés par les mémorandums successifs qui ont littéralement saigné le peuple grec.

En conclusion, une question s’impose, faut-il continuer à écouter la radio de service public ? C’est à chacun(e) de voir, mais si on ne la posait pas, ce ne serait pas vraiment LÉclairCit.

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Europe : quelles alternatives ?

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Conférence de Stathis Kouvélakis à Troyes le 24 novembre 2016 – Crédit photo : Denis Raillard

La conférence de Stathis Kouvélakis, que LÉclairCit a co-organisée avec le «collectif de soutien au peuple Grec-Aube», a marqué les esprits de plus de 70 personnes venues y assister. Stathis Kouvélakis est professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, ancien membre du comité central de Syriza et actuellement membre de Unité populaire.

Au delà des attentes et espoirs que beaucoup placent dans l’intervention d’une personnalité, cette conférence a permis de mettre en lumière une réalité qui est totalement occultée par la grande majorité des médias français.
Elle a en effet été l’occasion de gommer les idées reçues sur les responsables de la tragédie économique, sociale, sanitaire et humanitaire que subit le peuple grec.
En montrant, avec un argumentaire d’une extrême précision, associé à une analyse politique fine et profonde, Stathis Kouvélakis a été très éclairant sur le rôle d’acteur de premier rang de l’UE dans cette affaire et sur son corollaire, qui consiste à envisager politiquement une sortie de ce système mortifère en dehors des solutions, non moins mortifères, proposées par les courants libéraux, xénophobes, d’extrême droite et néo-nazis qui se développent aujourd’hui en Europe.

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Introduction de la conférence – Crédit photo : Denis Raillard

Stathis Kouvélakis a dressé un bilan de l’état social, moral et politique dans lequel se trouve aujourd’hui la Grèce. Ce terme concerne ici non seulement l’État Grec, mais aussi et surtout, le peuple Grec : femmes, hommes, enfants, retraités, pauvres, malades, jeunes…
A ce sujet, il est utile de rappeler que dans la communication politique que nous infligent les médias soumis à leurs actionnaires, si on dit «la Grèce», ces derniers n’entendent et n’interprètent que «État grec», c’est-à-dire son gouvernement, ses dirigeants, sa « corruption »… En revanche, si on dit «l’Allemagne», on est de suite taxé de germanophobie, car dans ce cas, le propos est présenté comme s’adressant exclusivement au peuple allemand alors qu’il s’adresse en réalité à Mme Merkel, M. Schäuble…

L’intégralité de l’intervention de Stathis Kouvélakis est disponible en audio à la fin de ce billet.

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Stathis Kouvélakis, Troyes 24 novembre 2016 – Crédit photo : Denis Raillard

Quel était le propos ?

D’emblée Stathis Kouvélakis a posé, en préambule, la question de l’alternative aux politiques de néo-libéralisme sauvage qui sont appliquées dans nos pays et nos sociétés depuis déjà plusieurs décennies. Voici un extrait :
«Si on ne comprend pas pourquoi un pari politique comme celui que SYRIZA a porté en Grèce, qui a soulevé un immense espoir, bien sûr dans le peuple Grec, mais aussi plus largement en Europe et au delà, si on ne comprend pas pourquoi un tel espoir a été dilapidé, pourquoi on a été conduit au désastre et à la capitulation de l’été 2015, aucune crédibilité ne pourra être apportée à une proposition d’alternative où que ce soit en Europe. Aucune force politique ne peut être crédible, à mon sens, si elle n’explique pas pourquoi elle ne fera pas comme Alexis Tsipras et son gouvernement, pourquoi elle peut s’engager dans une issue qui ne sera pas, justement, celle que le peuple Grec a payé et continue à payer d’un prix extrêmement lourd.»

Que ressort-il de cette contribution ?

A l’issue des questions de la salle, il ressort que l’UE (Union Européenne) n’est pas réformable et qu’il n’y a aucune raison de penser que son mode de gouvernance anti-démocratique et cynique puisse changer par la simple volonté de ses dirigeants. Il n’y a rien non plus à attendre de la part de nos élus puisque le parlement européen est majoritairement représenté par les formations libérales (PPE et S&D) qui soutiennent les mesures d’austérité et se soumettent sans aucune forme de résistance à la pression des lobbies et de la finance. La brutalité de cette machine à broyer de l’humain est révélée d’une façon implacable dans le dernier film de Ken Loach «Moi, Daniel Blake» (prévoir des mouchoirs).

Comme le disait donc Stathis Kouvélakis en avant-propos de son intervention, il est important de bien comprendre ce contexte pour s’engager dans un projet et un combat politiques dignes de ce nom. En particulier, il est crucial d’avoir un projet politique d’alternative, voire de rupture, qui permette aux citoyens européens de se ré-approprier le pouvoir sur les décisions qui les concernent au premier chef. Sur ce point, sans être sorti de sciences-Po, il ne sera guère difficile d’identifier les programmes politiques aux élections présidentielle et législatives de 2017 en France qui ne proposent absolument pas de sortir de ce système mortifère pour les peuples européens.
Comme cela a été également rappelé, l’alternative doit disposer d’un plan B, ce qui a cruellement fait défaut à SYRIZA avec les conséquences que l’on connaît. Celles et ceux qui sont intéressés ou qui souhaitent en savoir davantage à ce sujet, pourront se rendre à Paris le week-end prochain où aura lieu une conférence internationale intitulée :  La France et l’Europe après le Brexit: Conférence internationale de EReNSEP à Paris.
Stathis Kouvélakis, qui nous as transmis cette information interviendra lors de cette conférence.

Pour conclure, s’il est évident que la solidarité et le soutien que nous pouvons apporter au peuple Grec par des initiatives telles que celles portées par le collectif de soutien au peuple Grec de l’Aube sont indispensables, n’oublions pas, comme l’a souligné Stathis Kouvélakis, que les grecs restent très attentifs à ce qui se joue dans les autres pays de l’UE et qu’ils portent notamment l’espoir que les échéances électorales déterminantes qui se profilent en France, verront la victoire d’une vraie alternative permettant la sortie du joug européen sans répéter les erreurs de 2015 en Grèce.


Écouter la conférence de Stathis Kouvélakis

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De quoi l’Europe est-elle le nom ?

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Donald Tusk - Président du conseil européen.
Donald Tusk – Président du conseil européen.

L’actualité de ces derniers jours à propos du CETA, a de nouveau relégué les citoyens européens au rang de sous-représentants face à une institution européenne de fin de règne qui, devant son incapacité à affronter politiquement la réalité, n’a plus d’autres recours que le passage en force en affichant ostensiblement un visage de plus en plus autoritaire.

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CETA – ratataratataratata…

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GEORG HOCHMUTH / APA / AFP
GEORG HOCHMUTH / APA / AFP

Les négociations de la dernière chance entre le gouvernement wallon et la ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland ont échoué, ce vendredi 21 octobre 2016. Nos voisins Wallons ont refusé de ratifier l’accord de libre-échange UE-Canada (CETA). Au delà du positionnement pour ou contre CETA, il me semble que nous ne pouvons que les féliciter pour avoir eu un tel courage politique face à l’armée surpuissante des lobbies et des médias. Continuer la lecture de CETA – ratataratataratata…

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Pourquoi les Suisses aiment-ils de moins en moins les Français ?

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19 juin 2011. 28e Festival fédéral de yodel à Interlaken, Suisse.PHOTO Pascal Lauener / REUTERS

Je me demande bien pourquoi, si l’on en croit les nouvelles alarmantes qui nous accablent régulièrement depuis un certain temps, nos voisins suisses ne nous aiment plus . Si cela continue, les relations vont devenir de plus en plus difficiles et les accords bilatéraux entre nos deux pays risquent d’en pâtir. Mais pourquoi tant de haine ?

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